A midwife cleans a baby just after his birth on March 29, 2017 at the maternity department of Lyon's Croix-Rousse hospital.
A midwife cleans a baby just after his birth on March 29, 2017 at the maternity department of Lyon's Croix-Rousse hospital.
A midwife cleans a baby just after his birth on March 29, 2017 at the maternity department of Lyon's Croix-Rousse hospital. ©AFP
A midwife cleans a baby just after his birth on March 29, 2017 at the maternity department of Lyon's Croix-Rousse hospital. ©AFP
A midwife cleans a baby just after his birth on March 29, 2017 at the maternity department of Lyon's Croix-Rousse hospital. ©AFP
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Résumé

En 2019, le taux de fécondité des femmes âgées de 40 à 50 ans était de 10 enfants pour 100 femmes. Soit trois fois plus que le niveau observé au début des années 1980.

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La fécondité tardive, en d’autres termes : la fécondité des femmes de plus de 40 ans. Alors qu’elle était fréquente jusqu’au mitan du siècle dernier, elle a fortement et continument diminué après la guerre et jusque dans les années 80. Pour une raison principale : les familles nombreuses sont devenues de plus en plus rares.

Et maintenant ? La fécondité tardive ne cesse désormais d’augmenter. Ainsi, en 2019, le taux de fécondité des femmes âgées de 40 à 50 ans était de 10 enfants pour 100 femmes. Soit trois fois plus que le niveau observé au début des années 1980. Comme l’indique une étude de l’INSEE parue ce mois-ci. Alors cette tendance n’est pas nouvelle ; elle a été amorcée il y a 4 décennies. Comme nous l’explique Sylvie Le Minez, responsable de l’unité des études démographiques et sociales à l’INSEE.

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Une pression physiologique et sociale 

Rappelons que pour les femmes, avoir un enfant après 40 ans n’est pas une chose aisée. Pour des raisons physiologiques, d’abord, puisque pour elles, le taux de stérilité augmente fortement avec l’âge, passant de 17% à 40 ans à 56% à 45 ans. Pour des raisons de santé, ensuite, puisque les complications liées à la grossesse se multiplient avec l’avancée en âge. Pour des raisons sociales, enfin. Ainsi, une enquête menée en 2006 rapportait qu’une majorité d’Européens était d’accord avec l’idée qu’une femme de 40 ans était trop âgée pour projeter d’avoir un enfant.

Force est de constater, et regrettons-le, que la pression exercée sur les femmes est forte pour avoir des enfants avant 40 ans. Dans ces conditions, comment expliquer que la fécondité tardive ne cesse d’augmenter en France, comme dans beaucoup de pays riches ? Par un cocktail de facteurs, et notamment par le fait que la durée des études s’allonge que les couples s’unissent de façon plus tardive, ou qu’ils désirent de plus en plus être stabilisés sur le plan économique et professionnel avant de fonder une famille.

Des disparités socio-professionnelle 

Alors bien sûr, de fortes disparités existent entre les catégories socio-professionnelles. Parmi les femmes qui travaillent, par exemple, ce sont les cadres qui ont le taux de fécondité tardive le plus élevé. Par ailleurs, "la fécondité tardive observée en France varie fortement selon le pays de naissance, mais elle est presque toujours plus élevée parmi les femmes nées à l’étranger." Sylvie Le Minez évoque en outre un autre facteur explicatif : le développement de la FIV : la fécondation in vitro.

Comme la fécondité tardive est parfois décriée, parfois même stigmatisée, prenons ce matin son parti. Pour une femme, avoir un ou des enfant(s) après 40 ans, c’est la possibilité donnée de consolider sa carrière. La capacité pour le couple – ou pour celles qui sont seules – d’offrir à l’enfant un cadre plus stable, plus sûr, parfois plus installé. La chance, surtout, de pouvoir faire un choix pas si tardif, et de décider de donner la vie, à un âge où l’on sait peut-être mieux quelle vie, on voudrait pour soi.

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Félicie Faugère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration