Sibérie
Sibérie
Sibérie ©AFP - Handout / Love Dalén / AFP
Sibérie ©AFP - Handout / Love Dalén / AFP
Sibérie ©AFP - Handout / Love Dalén / AFP
Publicité
Résumé

Des scientifiques, un père et son fils, tentent de reconstituer un écosystème disparu pour sauver la planète.

En savoir plus

Il y 15 000 ans, à la fin de l’époque du pléistocène, vivaient et prospéraient en Sibérie de nombreux herbivores. Chevaux, mammouths, yaks, bœufs musqués, rênes, bisons évoluaient alors dans d’immenses pâturage, de gigantesques terrains herbeux, des vagues vertes qui couraient vers le ciel. Un écosystème disparu, détruit, du fait des mutations géologiques et de la chasse intensive menée par les humains.

Et Maintenant ? Des scientifiques, un père et son fils, tentent de le reconstituer. Où ? A Tcherski, en Iakoutie, l’une des zones de taïga les plus froides du monde, située dans le nord-est de la Russie. Dans une réserve naturelle de 14.000 hectares. Le but initial ? Réintroduire la faune qui vivait-là à l’âge de glace en l’adaptant aux conditions hostiles présentes. Notamment le très très grand froid. Denis Sneguirev a passé plusieurs années sur place et en a tiré un documentaire extraordinaire, intitulé L’hypothèse de Zimov. Il nous présente ce projet fou.

Publicité

Qu'en est-il du permafrost ? 

Refroidir le permafrost : mais pourquoi donc ? Quel est, au fond, le but final d’une telle entreprise ? Le permafrost, c’est un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux ans consécutifs. Aujourd’hui, il représente 20% de la surface terrestre de la planète.

Problème : aujourd’hui, ce permafrost se réchauffe à très grande vitesse et dégage des quantités astronomiques de CO2 et de méthane. Une véritable bombe à retardement, selon Sergueï Zimov qui a fait paraître en 2005 dans la revue Science un article argumentant que cette fonte pourrait être ralentie par la réintroduction des grands herbivores qui y évoluaient durant l'Âge de glace. Comment ? Par le fait que ces animaux, non habitués au froid, allaient creuser pour trouver de la nourriture et ainsi : tasser la neige. Ce travail animal, naturel, en réduisant l’isolation du sol, permettrait ainsi de refroidir le permafrost. C’est ce qu’on appelle l’hypothèse ZIMOV et que le scientifique tente de mettre en application dans son parc. Denis Sneguirev, lui, nous explique ce qu’il a vu sur place.

Nikita Zimov, le fils, explique que des résultats sont déjà visibles : "Dans le parc, nous avons constaté que la température du sol, à un demi-mètre de profondeur, pouvait tomber à - 24 °C, alors qu’en dehors du parc elle était à - 10 °C seulement". Le père et le fils espèrent même qu’il sera bientôt possible de cloner des mammouths, afin de les accueillir dans le parc. Une utopie ? Denis Sneguirev nous dit ce qu’il en pense.

Que peuvent les projets fous ? Nous sauver ? Nous rapprocher un peu plus de l’abîme ? Ce parc sibérien porte en lui-même la puissance des rêves hollywoodiens, inaccessibles. Il rappelle qu’en matière de climat, il est temps de tout essayer. Même les utopies.

En savoir plus : De l’ADN de mammouth vieux de 1,2 million d'années

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration