Une constellation de satellites Space X.
Une constellation de satellites Space X.
Une constellation de satellites Space X. ©AFP - Mariana SUAREZ
Une constellation de satellites Space X. ©AFP - Mariana SUAREZ
Une constellation de satellites Space X. ©AFP - Mariana SUAREZ
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Résumé

Bientôt, 1 point lumineux sur 15 que nous apercevrons dans le ciel sera un satellite.

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Il y a quelques années encore, lorsque nous nous trouvions dans la cité Gagarine ou dans une campagne reculée et que nous levions le regard en direction du ciel noir, nous rencontrions les étoiles ; dans un face à face désorientant. Tout au plus ne fallait-il pas commettre quelques erreurs : prendre Venus pour une étoile véritable, la lumière d’un avion pour un astre filant.

Et Maintenant ? Le risque de se tromper va croissant. Car bientôt, 1 point lumineux sur 15 que nous apercevrons dans le ciel sera un satellite. Une autre, et une nouvelle, pollution lumineuse, comme l’explique l’astronome Samantha Lawler, dans la revue en ligne The Conversation. En effet : depuis quelques années, le nombre de satellites autour de la Terre explose.

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La multiplication de satellites 

Prenons l’année 2020 : 1 272 satellites ont été mis en orbite ou déployés dans l’espace. Parmi eux, beaucoup appartiennent à SpaceX et son projet de constellations de satellites : Starlink. Concrètement : envoyer 12.000 satellites dans l’espace d’ici 2025 pour connecter la totalité des terriens à un Internet très haut débit et sans fil. Mais cette tendance va bien-au-delà ! Tous projets confondus, on devrait dénombrer d’ici une décennie plus de 100 000 satellites mis en orbite. Céline Reylé, astronome, Présidente du Conseil scientifique du Programme National de Physique Stellaire, nous explique cette tendance impressionnante.

Comment comprendre cette super croissance ? Principalement par deux facteurs. Le premier : les satellites sont de plus en plus petits, et donc de plus en plus faciles à envoyer dans l’espace. Un nano-satellite, par exemple, pèse entre 1 et 50 kilogramme(s) et connaît une production standardisée. Ainsi en 2017, l’Inde a mis en orbite 104 satellites grâce au lancement d’une seule et unique fusée.

Deuxième facteur : le nombre de pays qui souhaitent accéder à l’espace augmente. En 2017 toujours, par exemple, l’Angola a lancé son premier satellite pour fournir Internet et services de communication au continent africain. Rappelons tout de même que les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Europe sont les principaux responsables de la saturation satellitaire du ciel. Dont Céline Reylé nous explique le problème qu’elle pose aux astronomes.

Autre sujet, autre danger : les débris. Une partie finira par retomber sur Terre, causant des dégâts physiques et environnementaux importants. Et une autre restera en orbite.

L’espace était un désert. Il devient un far west. Ni la coordination internationale, ni un dialogue entre les parties, ni aucune réglementation contraignante ne permet aujourd’hui d’encadrer l’encombrement du ciel. Il importe donc que les autorités internationales réagissent.  Sans quoi les générations prochaines, incapables de les discerner, risquent longtemps de se demander sous quelles étoiles elles sont nées.

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Félicie Faugère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration