Carbfix domes are seen at the Hellisheidi power plant near Reykjavik on October 11, 2021.
Carbfix domes are seen at the Hellisheidi power plant near Reykjavik on October 11, 2021. ©AFP - Halldor KOLBEINS
Carbfix domes are seen at the Hellisheidi power plant near Reykjavik on October 11, 2021. ©AFP - Halldor KOLBEINS
Carbfix domes are seen at the Hellisheidi power plant near Reykjavik on October 11, 2021. ©AFP - Halldor KOLBEINS
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À 30 kilomètres de la capitale islandaise, Reykjavik, a portée des volcans, des industriels transforment désormais du CO2… en pierres souterraines.

À 30 kilomètres de la capitale islandaise, Reykjavik, a portée des volcans, des industriels transforment désormais du CO2… en pierres souterraines. L’idée brille, comme de la magie. Et rayonne, en apparence, avec la force des innovations miracles. Pour réussir ce tour de force, le stockage de CO2, deux entreprises ont avancé ensemble.

La première : Climeworks, une start-up suisse, qui a mis au point… un procédé de captage direct du CO2 dans l'air. Une sorte d’aspirateur de dioxyde de carbone.  Deuxième entreprise : Carbfix. Une société fondée par un consortium d’Universités. Sa prouesse ? Injecter dans la roche souterraine une eau chargée en CO2. Une interaction qui va permettre au dioxyde de carbone de se transformer en minéraux. En une poignée d’années seulement ; contre des millions, lorsque la nature s’en charge. Pascale BENEZETH, chercheuse au Géosciences Environnement Toulouse, qui a pris part au projet, nous explique les origines et la raison d’être de Carbfix.

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Pourquoi l’Islande ? Parce que le pays est déjà doté en puits d’injection. Et parce que les roches basaltiques, jeunes et poreuses, fracturées, qui forment une large part des sous-sols du pays, sont idéales pour transformer en pierres le CO2. Alors, quels ont été les grands défis technologiques de ce projet ? Le premier : isoler le CO2 d’autres gaz, notamment du H2S. L’autre défi est mis en lumière par Pascale BENEZETH.

Ce projet est devenu emblématique des innovations en stockage de carbone. Toutefois, il reste extrêmement cher. Et ne permet de capturer aujourd’hui que 4000 tonnes de CO2 par an. L'équivalent des émissions annuelles de 870 voitures. C’est peu de choses… La réussite technique et scientifique, cependant, reste impressionnante : ainsi le stockage du CO2 sous la terre, par ailleurs, est suivi avec précision.

Bien sûr : ce projet implanté en Islande, mis en avant lors de la COP26, attire les regards et liés intérêts du monde entier. D’ailleurs, en 2027, un nouveau projet devrait voir le jour… dix fois plus grand. En parallèle, les innovations sur le stockage de carbone se multiplient. Et reçoivent le soutien de nombreux industriels.

Mais une question morale, vertigineuse reste pendante : dans le cas où l’on parviendrait à aspirer efficacement le CO2, pourquoi alors devrions-nous cesser d’en émettre ? Cette solution ne doit donc pas nous inciter à prendre notre temps pour décarboner. Elle doit être un complément à la réduction des émissions. Une compensation. En aucun cas un substitut ; une bonne raison de préserver notre modèle de production. Une excuse pour continuer de continuer, comme si de rien n’était.

L'équipe

Quentin Lafay
Quentin Lafay
Quentin Lafay
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration