Arme russe - Evgeny Biyatov
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Résumé

Missiles hypersoniques, armes thermobariques, drones sous-marins invisibles, quelle sont les nouvelles armes russes ?

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On se souvient des reportages, des photos, qui ont accompagné les guerres de Tchétchénie. Les armes russes y paraissaient délabrées, d’un autre temps, vestiges de l’Armée rouge dissoute, matériels d’une époque enfouie.

Et Maintenant ? Officiellement, les nouvelles armes de la Russie sont à la pointe, à la frontière technologique. Grâce à des efforts d’innovation terrifiants, un budget militaire multiplié par 4 entre 1999 et 2020, budget grossi notamment par les revenus du gaz et du pétrole. Des armes promues, vantées à échéance régulière par le Président Vladimir Poutine. Aux dernières pages du catalogue officiel, on trouve ainsi de nouvelles armes.

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Le missile hypersonique Avangard : un planeur capable, selon les communicants russes, d’atteindre une vitesse de 30 000 km / h, de toucher une cible à 6 000 km, de virer de cap à tout moment et d’emporter une charge nucléaire équivalente à 130 fois celle de la bombe d’Hiroshima. Autre projet, en développement : Poséidon, un drone sous-marin invisible. Présenté en 2019 par Vladimir Poutine, cet engin à propulsion nucléaire aurait une portée illimitée tout en restant invisible pour les systèmes de détection.

En parallèle, l’armée russe se voit livrer des chars ultramodernes : les premiers tanks véritablement conçus par les industriels russes depuis la chute de l’URSS. Des tanks déjà utilisés, testés, en Syrie, au blindage inédit, au fonctionnement robotisé, à la puissance de frappe démultipliée.

Quelle stratégie des Russes ?

La liste est encore longue : des nouveaux missiles antiaériens aux armes thermobariques, capables de créer à la fois une explosion et une dépression. Mais au-delà de ces avancées évidentes, de ces projets en développement plus ou moins aboutis ou fantasmés, quelle est la stratégie russe en matière d’innovation militaire ? C’est ce que nous décrit Christine Dugoin-Clément, chercheuse à la chaire "risques" de l’IAE de Paris, membre du think tank Cape Europe.

Toutefois, derrière les investissements réels et les fanfaronnades militaires, la réalité est plus nuancée. Et les prétendues qualités (quelles qualités) de certaines armes russes doivent être tempérées. S’agissant, par exemple, des missiles hypersoniques.  Un expert du Conseil européen pour les relations internationales confiait à France 24 que "si les Russes ont démontré que leurs missiles volaient, on n’a aucune preuve que Moscou est capable d’ajuster leur trajectoire en plein vol." Dans le même temps, l’efficacité d’autres armes annoncées est mises en doute. Mais pourquoi, alors, se lancer dans de grandes campagnes de communication ? Décryptage de Christine Dugoin-Clément.

Le week-end dernier, l'armée russe a mené des tirs de démonstration des missiles hypersoniques Kinjal et Zircon. Alors que la supériorité de l’armée russe sur les troupes ukrainiennes est incontestable pourquoi la Russie a-t-elle souhaité intégrer cette démonstration à sa séquence guerrière ? Pour envoyer un message mondial.

Au-delà de ces stratégies, de ces calculs, l’arsenal militaire russe fait couler le sang. En Syrie, où beaucoup de ces armes ont été testées, où des centaines de milliers de vies et de villes ont été rayées, ravagées. En Ukraine, où les morts sont déjà décomptés. Surprenant ? La finalité des nouvelles armes, elle, n’est jamais nouvelle.

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Quentin Lafay
Quentin Lafay
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration