Un intérieur refuge.
Un intérieur refuge. - Pixabay
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Selon une étude du Manhattan College à New York, si 71 % des mères jouaient dehors chaque jour quand elles étaient petites, seuls 26 % de leurs propres enfants en font autant.

Pour beaucoup le vaste monde serait en voie… de rétrécissement.

Espace privilégié des virus, de l’insécurité, du froid, du danger, l’extérieur perdrait de plus en plus sa valeur exploratoire, son potentiel d’aventure et de découvertes, sa promesse d’émancipation et de liberté. Pour vivre heureux, vivons en intérieur. Contrairement à ce que l’on croit penser ou revendique parfois, la vie du dehors se réduit à peau de chagrin. Ainsi, d’après une enquête YouGov de 2018 menée dans quatorze pays d’Europe et d’Amérique du Nord, les adultes qui s’imaginent passer 66 % de leurs journées en intérieur y sont en réalité… 90 % du temps.

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Plus troublant : cette civilisation du cocon, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Vincent Cocquebert, happerait plus encore… les enfants. Désormais, la guerre des boutons se mènerait dans nos salons. Et ce phénomène précède largement au confinement ! Selon une étude de 2006 du Manhattan College à New York, si 71 % des mères jouaient dehors chaque jour quand elles étaient petites, seuls 26 % de leurs propres enfants en font autant.

Soit quasiment trois fois moins. Nicolas SANTOLARIA, journaliste au supplément « Époque », spécialisé notamment en parentologie, nous explique que ce repli des enfants dans la sphère du domicile est conduit par les parents prétendument pour le bien de l’enfant.

Que se passe-t-il, lorsque la géographie d’une génération entière se rétrécit ? Lorsque le domicile est élu refuge permanent ? Lorsque la rencontre et l’imprévisible, l’air qui vivifie, sont continument contournés, craints, évités ? Eh bien les conséquences sont nombreuses… et parfois nuisibles.

Pour autant, ce repli chez soi est-il du seul fait, de l’unique responsabilité des parents ? Comme l’écrit Clément Rivière dans son ouvrage intitulé Les enfants dans la ville, paru aux Presses universitaires de Lyon. « La présence d’enfants non accompagnés dans les espaces publics éveille la suspicion, les laisser jouer ou se déplacer sans surveillance étant progressivement devenu un marqueur de négligence, voire d’irresponsabilité parentale ». Alors, comment redorer le blason de l’évasion ? Nicolas SANTOLARIA nous donne quelques éléments de réponse.

Alexandre ­Dumas avait en la matière quelques recommandations claires.« Les enfants devraient vivre au grand air, face à face avec la nature qui fortifie le corps, qui poétise l’âme et éveille en elle une curiosité plus précieuse pour l’éducation que toutes les grammaires du monde. » De gaité ou à contrecœur, mais toujours pour leur bien, poussons les enfants dehors.

L'équipe

Quentin Lafay
Quentin Lafay
Quentin Lafay
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration