Rentrée scolaire 2020 : quelle "place" pour les enfants? ©Getty -  eyecrave
Rentrée scolaire 2020 : quelle "place" pour les enfants? ©Getty - eyecrave
Rentrée scolaire 2020 : quelle "place" pour les enfants? ©Getty - eyecrave
Publicité
Résumé

Peut-on rentrer rassurés, les enfants sont-ils prêts à revenir entre 4 murs ? Comment préparer au mieux cette rentrée en tenant compte des questions sanitaires rendues primordiales par la reprise de l'épidémie de Covid 19, et du besoin d'être à l'extérieur des enfants, mis à mal par le confinement?

avec :

Robert Cohen (pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil), Catherine Da Silva (Directrice d’école à la Plaine Saint-Denis (Commune de Saint Denis), syndicaliste au SNUipp 93), Crystèle Ferjou (Professeure des écoles, conseillère pédagogique dans les Deux-Sèvres), Thierry Paquot (Philosophe, professeur émérite à l'Institut d'urbanisme de Paris).

En savoir plus

La rentrée scolaire approche avec dans 8 jours, le retour de plus de 12 millions d'élèves et un million de professionnels dans les établissements et les classes. Un retour qui suscite beaucoup d'interrogations alors que le coronavirus circule davantage qu'au mois de juin et que l'épidémie repart… La première de ces questions étant : peut-on rentrer rassuré ? Nous en parlons avec Catherine Da Silva, directrice d'école, et le pédiatre Robert Cohen.

Nous élargirons le débat dans la deuxième partie de l'émission en questionnant le besoin, physique et moral, des enfants d'accéder à des espaces extérieurs- dans la nature ou la ville. Une question qui a occupé les esprits pendant le confinement et à continué de le faire d'une autre manière durant les vacances (où les enfants étaient plus libres) et sur laquelle beaucoup de textes paraissent aujourd'hui. Nos invités le philosophe de l'urbain Thierry Paquot et l'enseignante Crystel Ferjou en ont publiés de particulièrement intéressants.

Publicité

Avec

Il faut bien distinguer les enfants plus jeunes des collégiens et des lycéens, pour qui on se rapproche beaucoup des adultes en terme de risque.

Je dis toujours qu'un enfant sans masque c'est un adulte avec masque.

L'OMS prend toujours des positions intermédiaires entre les différentes positions de chaque pays.

Les chiffres disent que les enfants sont 6 fois moins contagieux que les adultes.

L'aération des pièces, l'ouverture des fenêtres est fondamentale. L'autre mesure très importante c'est le non brassage des classes.

On se trouve devant des lenteurs administratives qui ne correspondent pas aux véritables besoins de la situation actuelle.

Fermer uniquement les écoles n'a aucun intérêt.

  • Catherine Da Silva, directrice d’une école primaire en Seine-Saint-Denis et représentante du SNUipp-FSU 93.

Quand on voit qu'il est obligatoire de porter des masques aujourd'hui dans Paris, on se demande pourquoi il n'est plus conseillé de le porter en maternelle.

Nous avons demandé le report de cette rentrée car elle est hors norme et que le protocole est très léger.

Dans le protocole prévu à la rentrée rien n'est envisagé concernant le non brassage des classes.

Pour les gastros et les grippes ça n'aurait pas fait de mal d'avoir du savon dans les écoles, les collèges et les lycées.

J'ai envie d'accueillir mes élèves de façon sereine et de pouvoir rassurer les parents, même si le risque zéro n'existe pas.

L'administration ne réagit que si le politique lui dit de faire.

  • Thierry Paquot, philosophe de l’urbain, président du concours annuel "Rues aux Enfants, rues pour tous". Il a publié notamment Demeure terrestre (Terre urbaine, juin 2020) et a dirigé l'ouvrage collectif La ville récréative (Infolio, 2015). Il a également préfacé les traductions françaises des livres de Colin Ward (L’enfant dans la ville, Eterotopia France, mars 2020) et Francesco Tonucci (La ville des enfants : pour une révolution urbaine, Parenthèses, sept. 2019). 

Je prêche pour l'école "élémentale" et non pas élémentaire, c'est à dire l'école des quatre éléments.

Il faut repenser tous les territoires pour les enfants et pour cela il faut leur demander leur avis.

Je pense que l'enfant est un chercheur d'"hors".

La crainte du danger est parentale, ce n'est pas celle de l'enfant. Il faut faire confiance aux enfants.

Un enfant n'apprend pas s'il n'éprouve pas, comme l'expliquait John Dewey.

Mieux la ville est conçue pour les enfants, mieux elle l'est pour tout le monde.

Le vélo est un moyen pour l'enfant de développer ses cinq sens, avec le sixième qui est le mouvement.

  • Crystèle Ferjou, professeure des écoles, conseillère pédagogique dans les Deux-Sèvres, elle accompagne des enseignants sur la pratique de la "Classe dehors", elle est également auteure d'Emmenez les enfants dehors ! (Robert Laffont, 27/08/20).

Toutes les pédagogues des pédagogies actives se sont intéressés à la place de la nature dans l'école.

Ces dernières années nous avons développé d'autres façons d'enseigner à l'intérieur, nous avons un peu oublié l'importance de sortir avec nos élèves.

La peur de la nature dont parlait déjà François Terrasson en 1988 est encore présente. Plus on s'éloigne de la nature, plus elle fait peur.

Ce qui est primordial c'est de permettre à l'enfant de toucher la terre.

Les cours de récréation n'ont pas été pensées comme des espaces d'apprentissage. Au cours d'une journée d'école un enfant peut ne pas toucher terre au sens propre.

Pour en savoir plus…