Le cinéma, une école des images? : épisode 3/10 du podcast Education artistique et culturelle

Le cinéma, outil d'éducation et machine à rêves.
Le cinéma, outil d'éducation et machine à rêves. ©Getty - Geber86
Le cinéma, outil d'éducation et machine à rêves. ©Getty - Geber86
Le cinéma, outil d'éducation et machine à rêves. ©Getty - Geber86
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A l'occasion du 72e Festival de Cannes, Etre et savoir s'interroge : de la cinéphilie à internet en passant par l’école, comment les films éduquent le regard?

Avec
  • Julien Neutres docteur en histoire, ancien élève de l'ENA et diplômé de l'ESSEC.
  • Carole Desbarats Directrice artistique des rencontres nationales du Havre sur les séries.
  • Laurent Cantet Cinéaste.

Les amoureux du cinéma savent combien voir des films ouvre l’œil et l’esprit. Et c’est sans doute le cas d’ailleurs, à quelques mètres des parades de tapis rouge, pour les spectateurs des longs-métrages présentés au festival de Cannes, festival qui s’est ouvert mardi…

Dès lors l’éducation doit-elle s’emparer du cinéma ? Et pour quoi faire ? Pour faire connaitre un certain patrimoine artistique ? Permettre à tous de fréquenter de grandes œuvres ? Pour fabriquer des images et des films, pourquoi pas, et éduquer l’esprit critique des enfants et adolescents ? 

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Il apparaît que le cinéma a beaucoup à nous dire - à nous apprendre - à l’heure où tant d’images se donnent à voir, partout, tout le temps : celles des fictions que nous regardons, celles qui nous informent, celles des écrans qui surgissent dans les espaces publics pour y faire défiler des publicités, ou encore celles que nous voyons et faisons circuler sur les réseaux sociaux.

Alors qu’aurait encore à nous appendre le cinéma dans ce monde et de ce monde saturé de messages ? Eléments de réponses avec nos invités.

  • Julien Neutres, directeur de la création des territoires et des publics au CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée).

Notre enjeu aujourd'hui est de démultiplier ces portes d'entrée, ces points d'accès, et ce goût du cinéma.

On accompagne les oeuvres à toutes les étapes de leur création mais également une fois que les oeuvres sont faites, il faut ensuite les accompagner, les diffuser, notamment auprès du jeune public.

Notre objectif aujourd'hui c'est de toucher 100% d'une classe d'âge, en multipliant les occasions de rencontre avec le cinéma.

L'héritage iconographique est plus riche que le seul cinéma, Julien Neutres.

  • Laurent Cantet, réalisateur et scénariste, notamment d’Entre les murs (2008) et de L’Atelier (2017), président de l’association Passeurs d’images.

C'est sûr qu'en tant que cinéaste j'ai envie que l'endroit où on voit mon film soit une salle obscure, d'abord parce qu'il y a une intimité très différente avec l'image, ensuite parce qu'on le voit en groupe, et puis parce que quand on témoigne d'une envie de sortir et de payer pour voir un film, il y a quelque chose de très volontaire qui pour moi est essentiel. 

Je pense que nous avons tous cette mission d'éveiller ce désir-là de cinéma.

Je pense qu'on a deux façon de regarder un film, il m'arrive de regarder un film en me laissant juste emporter par un rythme, par une émotion, par une envie de rire, et puis il y a aussi par moment l'envie d'aller regarder comment une idée m'est transmise, Laurent Cantet.

La salle est un lieu de retrait, on ferme la porte et le monde reste à l'extérieur, on est dans une communauté éphémère.

Maintenant il faut regarder les choses en face, le public de cinéma a changé.

Ce qu'on essaye de faire c'est de provoquer les conditions de la rencontre.

On ne veut pas en faire des cinéastes quand on fait faire des films aux enfants, on cherche à leur faire connaitre l'expérience de l'intérieur, car ils ne verront plus les films de la même manière, Carole Desbarats.

Site officiel du Festival de Cannes.

Illustration sonore :

Extrait d'un entretien de François Truffaut avec la Cinémathèque royale de Belgique (1961).

Reportage lors de la soirée de projection du CNC des films réalisés par les élèves du collège Clemenceau à Paris et du Lycée Nadia et Fernand Léger à Argenteuil, dans le cadre du dispositif Les enfants des lumières.

Pour aller plus loin :

En savoir plus : L'école au cinéma
Rue des écoles

La leçon de choses de Sophie Bober :

"Le combat que je trace est celui de ma mère", avec Abdellah Taia, auteur de La Vie lente (Seuil).

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