L'Unef lors de la marche contre la précarité étudiante à Paris le 16 mars 2021
L'Unef lors de la marche contre la précarité étudiante à Paris le 16 mars 2021
L'Unef lors de la marche contre la précarité étudiante à Paris le 16 mars 2021 ©AFP - Bertrand GUAY / AFP
L'Unef lors de la marche contre la précarité étudiante à Paris le 16 mars 2021 ©AFP - Bertrand GUAY / AFP
L'Unef lors de la marche contre la précarité étudiante à Paris le 16 mars 2021 ©AFP - Bertrand GUAY / AFP
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Résumé

Alors que le syndicat étudiant Unef fait l'objet de vives polémiques ces dernières semaines et que certains en appellent à sa dissolution, Etre et savoir s'interroge sur le rôle du militantisme étudiant dans la naissance de l'engagement en politique.

avec :

Mélanie Luce (Présidente de l'UNEF), Jean-Philippe Legois (Achiviste et historien, co-président de la Cité des mémoires étudiantes (ex-Mission CARME), vice-président du GERME & du Rn2a (Réseau national d'actions des archivistes)), Lucie Bargel (Maîtresse de conférence en sciences politiques, directrice de recherche à l’EHESS, directrice du laboratoire ERMES (Normes, représentations, territoires), Université Côte d’Azur), Robi Morder (Politiste, président du Germe (Groupe d’études et de recherches sur les mouvements étudiants)).

En savoir plus

Il s’agit d’un sujet sur lequel absolument toutes les personnalités politiques ont été interrogées ces derniers jours, et je ne veux pas parler du covid ou des mesures sanitaires... Réponse ? l’Unef, le syndicat étudiant qui compte organiser des réunions en non-mixité et scandalise de ce fait nombre de commentateurs, de personnalités politiques comme ces parlementaires de droite qui ont demandé sa dissolution la semaine dernière, ou des ministres comme ceux en charge de l’enseignement supérieur : Frédérique Vidal ou Jean-Michel Blanquer.

Sans faire l’impasse sur les causes défendues par l’Unef et les arguments de ses contradicteurs, je voudrais ce soir parler de la place de ce syndicat - et des autres syndicats des universités - dans la formation politique des étudiants, formation qui est aussi une éducation.

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Avec nos invités Robi Morder, politologue, spécialiste des mouvements lycéens et étudiants, militant politique, syndical et associatif et président du GERME (Groupe d’études et de recherche sur les mouvements étudiants) et Jean-Philippe Legois, archiviste et historien, co-président de la Cité des mémoires étudiantes, vice-président du GERME & du Rn2a (Réseau national d'actions des archivistes), nous essaierons également de comprendre l’influence de ces mouvements, pourtant minoritaires, dans le débat public . Enfin nous parlerons de la manière dont les syndicats et l’action étudiante se sont transformés à travers l’histoire. 

Vous entendrez également dans cette émission les voix de Mélanie Luce (entretien pré-enregistré), présidente de l’Unef (Union Nationale des Etudiants de France) et Lucie Bargel (entretien pré-enregistré), maîtresse de conférences en science politique, directrice du laboratoire ERMES (Normes, représentations, territoires), Université Côte d’Azur.

Age d’or et agonie

Ces joutes sont effectivement formatrices mais ne sont pas nouvelles, c’est la dimension médiatique qui est nouvelle, rappelle Jean-Philippe Legois.

Les associations générales d’étudiants ont commencé à être créées en 1876 à Nancy. Jean-Philippe Legois

On pourrait dire qu’il y a eu un âge d’or à la fin de la guerre d’Algérie, vers 1960, un étudiant sur deux était syndiqué à l’Unef. Jean-Philippe Legois

Dès les années 71-72 on redescend très vitre autour des 20 ou 30 %, après c’est une lente agonie avec parfois des mobilisations ponctuelles. Jean-Philippe Legois

À lire aussi : Et l'UNEF se politisa pour défendre les "jeunes travailleurs intellectuels"

Une école de la citoyenneté

Il y a toute une histoire des combats à mener dans la société qu’on retrouve dans les pratiques militantes, analyse Jean-Philippe Legois.

Un syndicat cherche à représenter une catégorie sociale, ce n’est pas un mouvement politique, culturel ou sportif, c’est une école de citoyenneté et d’engagement collectif. Jean-Philippe Legois

Il faut raisonner en terme de solidarité, la dimension collective apportée par les mouvements étudiants permet de developper ces réseaux de solidarité et de sortir de la dimension victimaire. Robi Morder

À réécouter : L'Unef, combien de divisions ?

Aux origines du militantisme

Il y a souvent une prédisposition, soit du fait de ce qui a été vécu au lycée soit dans la famille, selon Robi Morder

Aujourd’hui beaucoup de gens arrivent dans les syndicats près avoir été aidés ou convaincus du bien-fondé d’une bataille syndicale. Mélanie Luce

On s’engage plus facilement quand on a des parents engagée ou les moyens financiers. Mélanie Luce

À réécouter : L'engagement

La question du collectif

La vraie question dans l’engagement c’est est-ce qu’il est collectif ou individuel, même si on ne peut jamais séparer complètement les deux choses, explique Jean-Philippe Legois.

Ce n’est pas parce qu’on utilise les services d’un syndicat qu’on devient militant, on devient adhérent. Robi Morder

Les mouvements de jeunesse se rencontrent, ils fonctionnent beaucoup en collectif et forment des actions communes. Lucie Bargel

Notre travail c’est attirer l’attention sur ce qu’on appelle les élites obscures, qui continuent leur engagement sur le long terme. Robi Morder

À réécouter : Les jeunes et la politique

Se réinventer

Les organisations aujourd’hui sont confrontées à des problèmes nouveaux notamment dans leur ampleur numérique et elles expérimentent, analyse Robi Morder.

Depuis 2015 il y a de nombreuses réflexions pour diversifier les profils à l’Unef. Mélanie Luce

L’Unef est simplement à l’image de son milieu, l’université s’est démocratisée et il a fallu être à l’image de l’université. Aujourd’hui les combats sont menés avec les moyens de notre époque. Mélanie Luce

On fait régulièrement des formations sur l’histoire de l’Unef, ça nourrit nos réflexions avec des anciens membres,  les combats d’hier étaient essentiels et ceux d’aujourd’hui le sont aussi. Mélanie Luce

À réécouter : Mais que veulent les étudiants ?

Militantisme syndical et politique

La politique s’apprend par la pratique, c’est pour cela que les militantismes de jeunesse sont importants, selon Lucie Bargel.

La prise de parole en publique et dans les médias, l’animation et la mise en visibilité du mouvement, un certain nombre d’activités sont assez proches en politique et dans le militantisme syndical. Lucie Bargel

Il n y a pas à proprement parler d’école de la politique et cela permet à des gens assez différents de s’engager. Lucie Bargel

À lire aussi : Covid-19 : la détresse croissante des étudiants

Lien vers la tribune collective publiée dans Le Monde du 22/03/21 : "Non à la dissolution de l'Unef".

Retrouvez la tribune de Marie-Noëlle Thibault dans le Monde du 25/03/21 : "Je ne peux m’empêcher de voir dans l’actuel déferlement de haine contre l’Unef un vertigineux retour en arrière ."

Lien vers l'article de Wally Bordas le 21/03/21 sur le site du Figaro : L’Unef peut-elle être dissoute, comme le réclament plusieurs responsables politiques ?

Lien vers le podcast Fracas du 11/03/21 sur le site de Louie média : La liberté de ton ou rien - avec Élise Goldfarb.

Illustrations sonores

  • Nicolas, étudiant ingénieur, interviewé par Véronique Rebeyrotte (reportage de la rédaction de France Culture du 28 mars 2021).
  • Deux étudiants anonymes, extrait d'un reportage de Pauline Rouqette sur France 24, diffusé le 28 mars 2021.
  • Jacqueline Taieb , La Fac de lettres (1967)
  • Renaud, Etudiant poil aux dents (1981)
  • Extrait du Podcast Fracas sur Louie Media avec Élise Goldfarb (mars 2021).
Références

L'équipe

Louise Tourret
Louise Tourret
Louise Tourret
Production
Avril Ventura
Collaboration
Philippe Baudouin
Réalisation