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France Culture Papiers n°12 pages 98 à 105 : BALS CLANDESTINS, DANSER QUAND MÊME

Bals clandestins FCP12 pages 98 à 105
Bals clandestins FCP12 pages 98 à 105

Nouvelles pages de France Culture Papiers aujourd’hui…

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Vendredis derniers nous lisions les jeunes féministes du monde arabe, leur engagement après les révolutions dans leurs pays… Depuis, une jeune femme, comme elles militante, au Caire a perdu la vie lors de la manifestation pacifique pour l’anniversaire de la révolution là bas, le 25 janvier... Elles partageaient le même combat, leurs paroles sont à lire pages 14 à 23.

L’Egypte, où il y a tout juste 40 ans le 3 février disparaissait celle qu’on appelait « l’étoile de l’Orient », Oum Kalsoum, que l’on entend avec cette musique… Elle chantait déjà dans les années 40 et aujourd’hui, nous voyageons dans le temps, dans les années 40 justement, en France, en ouvrant France Culture Papiers à la page 99 pour lire un documentaire de La Fabrique de l’Histoire : **« Les Bals clandestins pendant la Seconde Guerre mondiale, danser quand même… » **

« Dès que les allemands sont arrivés les bals ont été interdits en 40 et c’est là où nous on a dansé le plus c’était les bals clandestins... Nous avec mon frère on jouait de l’accordéon et on faisait des bals tous les dimanches... »

IIs ont dansé quand même… Malgré les interdictions répétées et les condamnations morales, en Bretagne ou dans le Tarn, nous raconte la productrice Perrine Kervran, dans son documentaire récompensé au New York Festival l’année dernière . Paroles de danseurs, de musiciens, on les lit, on les écoute :

« Quand on faisait les bals comme ça circulait pas mal il y avait toujours quelqu’un qui nous avertissait… »

**Bals « interdits », nous explique l’historien Alain Quilleveré ** page 105 :

« (…) C’est effectivement un acte de rébellion contre l’ordre moral instauré par le gouvernement de Vichy et par ceux qui prennent sa succession. C’est un acte par lequel la société refuse un certain ordre des choses, mais en faire un acte de Résistance me semble être un abus de langage.»

« On peut dire que les gens qui participaient au bal clandestin violaient deux fois la loi, une première fois celle de Vichy, une deuxième fois celle de l’occupant»

L’accordéoniste Marcel Azzola , qui accompagna plus tard les grands noms de la chanson française comme Brel, se confie dans nos pages :

« Pour moi je ne me suis jamais vanté de participer à des bals dits clandestins. J’avais l’impression de faire une mauvaise action, je vous le dis maintenant, je n’en suis pas fier. J’ai toujours pensé que ce n’était pas nécessairement faire preuve de collaboration, mais que ce n’était pas bien (...) * Je ne pouvais pas faire la guerre, je n’en avais pas l’âge mais peut-être qu’aurait fallu refuser de distraire ces gens qui voulaient danser. (…) »*

**D’autres accordéonistes se souviennent ** :

« Il y avait des chants on avait transformé certains couplets de chanson. Par exemple : « Ah quel plaisir on a quand les avions anglais survolent nos remblais »… parce que les allemands tiraient... »

Le bal était aussi un lieu de rencontres… Danser pour être ensemble, pour oublier, pour être pris dans des bras, pour le plaisir de danser… Voix de danseuse à lire page 102:

« Ah oui les bals c’était mon dada! À l’endroit à l’envers oui j’étais connu… »

À vendredi prochain, nous voyagerons encore dans le temps, nous lirons et nous écouterons dans « Nos archives » Jean Renoir nous parler de son père, peintre, Auguste Renoir…

Belle lecture de France Culture Papiers

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Catherine Liber
Production
Véronique Vila
Réalisation