Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, mieux connue sous le nom de Madame de La Fayette. Écrivain français, l'un des premiers romanciers. 1633-1693. Gravure de Geille
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, mieux connue sous le nom de Madame de La Fayette. Écrivain français, l'un des premiers romanciers. 1633-1693. Gravure de Geille ©Getty -  Culture Club
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, mieux connue sous le nom de Madame de La Fayette. Écrivain français, l'un des premiers romanciers. 1633-1693. Gravure de Geille ©Getty - Culture Club
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, mieux connue sous le nom de Madame de La Fayette. Écrivain français, l'un des premiers romanciers. 1633-1693. Gravure de Geille ©Getty - Culture Club
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Mme de Clèves avait ouï parler de M. de Nemours, comme de ce qu’il y avait de mieux fait et de plus agréable à la cour ; et surtout Mme la dauphine le lui avait dépeint d’une sorte et lui en avait parlé tant de fois, qu’elle lui avait donné de la curiosité et même de l’impatience de la voir.

Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure : le bal commença ; et, comme elle dansait avec M. de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu’un qui entrait et à qui on faisait place. Mme de Clèves acheva de danser, et, pendant qu’elle cherchait des yeux quelqu’un qu’elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna, et vit un homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir être que M. de Nemours, qui passait par-dessus quelques sièges pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il était difficile de n’être pas surprise de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait encore l’air brillant qui était dans sa personne ; mais il était difficile aussi de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement.
M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté, que lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges."

Extraits choisis et réalisation par Sophie-Aude Picon
Conseillère littéraire: Emmanuelle Chevrière

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Lu par Marcel Bozonnet

50 min