"D'étranges choses roses dérivant au fil des eaux ..."
"D'étranges choses roses dérivant au fil des eaux ..." ©Getty - Jose A. Bernat Bacete - Getty
"D'étranges choses roses dérivant au fil des eaux ..." ©Getty - Jose A. Bernat Bacete - Getty
"D'étranges choses roses dérivant au fil des eaux ..." ©Getty - Jose A. Bernat Bacete - Getty
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Écrit en 1930, dans l’élan de la découverte de Pluton, et le souvenir d’un réel voyage dans les zones les plus reculées du sauvage Vermont, un des récits les plus implacables et savamment construits de Lovecraft.

Malgré un très vaste héritage, et alors même que le « faux documentaire » (depuis La guerre des mondes de H.G. Wells par Orson Welles diffusée en 1938), fait partie de l’histoire de la radio, Lovecraft reste un défi à l’adaptation cinématographique ou radiophonique. Garder l’omniprésence du narrateur, être fidèle à ces nappes de langue très savamment orchestrées, rester toujours dans la seule suggestion de l’horreur ou de la peur ? En proposant des fictions d’une heure, France Culture en permet l’aventure, et ce qu’elle révèle de l’actualité de Lovecraft pour notre imaginaire au présent

Traduction et adaptation : François Bon

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Réalisation : Christophe Hocké

Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Chuchotements dans la nuit

Une inondation vient de ravager les zones les plus reculées du sauvage Vermont. On a aperçu d'étranges choses roses dériver au fil des eaux. Tenant du pur rationalisme, Wilmarth, un jeune professeur de littérature, commence une correspondance avec Akeley, propriétaire d'une ferme isolée, lequel lui fait parvenir d'étranges mais irrécusables photographies, et un enregistrement sur cylindre. Tous les moyens narratifs, lettres, télégramme, téléphone, voyages en train, en voiture, sont convoqués pour une tension qui ne cessera de s'accroître. Jusqu'à cette étrange découverte d'un appareil audio-électrique susceptible de conserver les cerveaux, autorisant d'infinis voyages spatio-temporels. Écrit en 1930, dans l'élan de la découverte de Pluton, et le souvenir d'un réel voyage dans ces vallées reculées, un des récits les plus implacables et savamment construits de Lovecraft.

59 min

Avec

Julian Eggerickx (Albert Wilmarth)

Fred Ulysse (Henry Akeley)

Jean-Noël Lefévre ( Noyes)

Grégoire Monsaingeon ( La Voix synthétique)

Marc Barbé ( l’employé des chemins de fer)

Modeste N’zapassara ( Le contrôleur du train)

Aurélien Osinski (Brown)

Et les voix de Jules Churin, Manon Leroy, Slimane Yefsah, Jean-Marc Layer, Pascal Loison et Othello Vilgard

Musique originale : François Bonnet

Prise de son, montage et mixage : Bruno Mourlan et Lidwine Caron

Assistante à la réalisation : Louise Loubrieu

Né à Providence en 1890, Howard Phillips Lovecraft y mourra en 1937. Hormis deux ans à New York, il y aura passé toute sa vie, et en fera le modèle de son Arkham imaginaire. Passionné de science depuis son enfance, consacrant ses nuits à l'écriture, la création du légendaire magazine Weird Tales lui donne, comme à toute une poignée de ses amis (Lovecraft laisse plus de 30 000 lettres, mais n'a jamais publié de livre de son vivant) une opportunité de publier qui amplifie leur ancrage dans la fiction surnaturelle, prolongeant la tradition américaine initiée par Poe et Hawthorne. Son héritage est considérable dans le domaine des arts graphiques, du cinéma, de la littérature populaire (Stephen King et d'autres ont exprimé leur dette) et même du jeu vidéo (L'appel de Cthulhu). Mais on commence seulement à vérifier ce qu'avait pressenti Borges : un auteur de stature universelle, un géant de l'imaginaire et de la langue. François Bon a commencé à traduire Lovecraft en 2010, après le hasard d'une première visite à Providence, bousculant l'image et les clichés hérités. Cinq volumes de ses traductions sont parus chez Points Seuil, et il travaille actuellement sur les carnets et manuscrits inédits où Lovecraft parle de son écriture elle-même.

Voir son site www.tierslivre.net.