Fûts de Bourbon dans le Kentucky, USA. ©Getty - Matthew Liteplo
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Le recueil Les Contes du whisky connaît dès sa parution un formidable engouement, aussi bien critique que public. Deux mois après sa sortie, l'ouvrage s'est déjà vendu à quinze mille exemplaires, et Gérard Harry, critique littéraire du Figaro voit en Jean Ray un " Edgar Poe belge ", formule que reprendra Maurice Renard. Il est vrai que Jean Ray se situe dans la lignée du maître américain de l'étrange, mais ses nouvelles témoignent d'un réalisme cru. Jean Ray écrit dans la langue des marins, à la fois âpre et poétique. Celle des docks, des tavernes et maisons de passe. Chez lui, la terreur est au bout de la rue. Le brouillard aux vapeurs d'alcools forts, fait tanguer le quidam, marin en goguette ou simple bourgeois. Un pas de côté et il chavire dans un autre plan d'existence. Quantité de récits en témoignent, que pêche l'écrivain à la taverne du Site enchanteur. Dans l'atmosphère enfumée de tabac fort, quand coulent le genièvre ou l'or tiède du whisky, au bruit d'un verre qui se casse avec un rire de fille, les langues se délient en français et néerlandais. Agrippé au comptoir comme à la barre d'un vaisseau, on évoque les " douloureuses amies des ports ", ces filles de rien qui sont tout, et le " mouvement de vie dans l'ombre " qui s'empare d'un promeneur solitaire ou de l'équipage d'un clipper.
Lire ou écouter Jean Ray, c'est l'assurance de partir dans l'ailleurs qui n'est jamais bien loin, sans garantie d'en revenir.

Références

L'équipe

Blandine Masson
Blandine Masson
Blandine Masson
Production
Caroline Ouazana
Conseiller(e) littéraire
Mary Simon
Collaboration