France Culture
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Coordonné par Jean Jourdheuil et Jean-Louis Besson

Traduction : Jean-Pierre Lefèvre

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Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd

Rediffusion de 2007

Le 20 janvier 1778, après plusieurs mois d'errance, le poète Lenz, autrefois ami de Goethe à Strasbourg, arriva dans le plus complet dénuement à Waldersbach, petit village alsacien perdu dans les Vosges. Il fut recueilli par le pasteur Oberlin qui lui offrit quelque temps l'hospitalité. Durant ce séjour, l'état de santé de Lenz, déjà fragile, s'aggrava de manière inquiétante : il était sujet à des crises de démence aiguës, et son comportement effrayait tous ceux qui étaient en contact avec lui. Il fit à plusieurs reprises des tentatives de suicide et Oberlin décida de le faire conduire à Strasbourg. Lenz partit en voiture le 8 février 1778, accompagnés de plusieurs gardiens chargés de veiller sur lui.

Le pasteur Oberlin rédigea sous forme de journal un compte rendu précis du comportement de Lenz à Waldersbach et des événements qui avaient marqué son séjour. C'est en se fondant sur une copie de ce texte et sur d'autres documents concernant Oberlin que Büchner écrivit la nouvelle "Lenz" entre avril et novembre 1835. L'œuvre est restée inachevée. Elle fut publiée en 1839, deux ans après la mort de son auteur.

Une comparaison entre le journal d'Oberlin et le texte de Büchner montre que les interventions de ce dernier sont considérables. Non seulement il réécrit l'ensemble, mais encore il ajoute les scènes religieuses et un développement sur l'art, dans lequel il stigmatise l'idéalisme – « le mépris le plus abject qui soit de la nature humaine » - au profit d'une écriture qui « s'enfonce dans la vie du plus humble des êtres » et « la restitue dans ses tressaillements, ses demi-mots et tout le jeu subtil et imperceptible de sa mimique. » C'est ce qu'il fait lui-même avec Lenz, dont il décrit la maladie et la souffrance avec une extraordinaire acuité. Cette nouvelle est un des textes les plus puissants de la littérature européenne. Sa langue étrange, qui a la force d'un premier jet, a influencé durablement l'écriture moderne : deux textes remarquables du poète Paul Celan « Le méridien » et « Le dialogue dans la montagne » font écho à cette nouvelle inachevée que Büchner consacra à Reinhold Lenz.

La pièce est suivie d’une présentation de Büchner, de son travail, et de ses manuscrits qui donnent une idée du travail littéraire effectué par Georg Büchner.

Avec :

Eric Herson-Macarel

Bernard Bouillon

Pierre Diependaële

Laure Werckmann

« Lenz » publié aux éditions du Seuil.

Les éditions "Pontcerq" à Rennes ont publiés fin 2012, 3 volumes consacrés à Büchner