"Nous sommes des guerriers" de Monica Isakstuen

Monica Isakstuen
Monica Isakstuen - ©Tine_Poppe
Monica Isakstuen - ©Tine_Poppe
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Cette pièce surprenante dans sa forme éveille en nous des questionnements sur notre rapport à l’autre. À travers des dialogues entre MOI et LES AUTRES, la complexité des relations humaines est abordée de façon étonnante.

"MOI" se souvient d’épisodes de sa vie. "LES AUTRES" commentent, provoquent, posent des questions, sont en accord, en désaccord. Une cacophonie de voix brouille bientôt les pistes et bouleverse le souvenir de ce qui s'est passé. Mais que s’est-il passé ?
Et comment distinguer le vrai du faux ? La réalité du fantasme ?
Et ces voix, qui dérangent-elles ?
Sont-elles des voix intérieures ou bien celles de la société ?
Les paroles et les sujets glissent, se brouillent et "MOI", qui a initialement pris la parole, se dissout dans "LES AUTRES". Qu’est-ce qu’un individu ? Une unité distincte de l’autre ?
MOI et LES AUTRES jouent à tour de rôle différents personnages, s’amusent avec « la vérité », la malmènent, la perdent. Et la « vérité » vit sa vie. Elle change telle la rumeur, selon les nécessités des situations.

Cette pièce surprenante dans sa forme éveille en nous des questionnements sur notre rapport à l’autre. À travers des dialogues entre "MOI" et "LES AUTRES", la complexité des relations humaines est abordée de façon étonnante. Dans une langue très concrète mais aussi pleine d’humour où le sens s’ouvre en permanence, Monica Isakstuen dissèque les relations souvent conflictuelles que nous entretenons avec les autres et notre rapport à nous-même. Par sa structure très construite, les personnages passent leur temps à glisser entre différentes situations. Même leur âge est flottant et il en va de même pour les acteurs qui vont porter ces paroles. Ceux qui jouent ont tous les âges. Ici nous sommes dans un présent fictionnel où les acteurs endossent une multitude de personnes et donc une multitude de points de vue et nous embarquent dans des scènes où toutes les projections et les fantasmes sont possibles. Les relations ne sont jamais traitées d’un point de vue psychologique. C’est la langue qui est finalement le personnage principal. Tout se construit à travers elle. Il y a chez Monica Isakstuen une parenté d’écriture avec Jon Fosse ou Arne Lygre : une langue minimaliste qui travaille le sous-texte, le non-dit, une langue très évocatrice qui offre une multitude d’interprétations. 

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Marianne Ségol-Samoy

Traduit du norvégien par Marianne Ségol-Samoy Texte traduit avec le soutien de l'Ambassade de Norvège et de la Maison Antoine-Vitez, Centre international de la traduction théâtrale
Réalisation : Pascal Deux
Conseiller littéraire: Guillaume Poix Enregistré le lundi 23 août à 20 h 45 au Festival La Mousson d’été
Avec : Maud Le Grevellec, Catherine Matisse, Alexiane Torres, Quentin Baillot, Christophe Brault  Musique originale : Frédéric Fresson
Assistante à la réalisation : Justine Dibling
Equipe technique : Bastien Varigault, Mathieu Touren, Quentin Alliens    Monica Isakstuen, écrivaine norvégienne née en 1976, s’est fait connaître en 2008 en tant que poétesse. Son troisième roman, Be Kind to Animals (2016), a remporté le prix de littérature le plus prestigieux en Norvège. Cet ouvrage a été traduit en plusieurs langues, tout comme ses pièces Regarde-moi quand je te parle et Nous sommes des guerriers. En 2018-2019, elle était en résidence au Dramatikkens Hus d’Oslo. Nous sommes des guerriers sera créé en Norvège en novembre 2021.

Nous sommes des guerriers est traduit avec le soutien de l'Ambassade de Norvège et de la Maison Antoine-Vitez, Centre international de la traduction théâtrale 

Une coproduction France Culture / Festival de La Mousson d’été 

Au revoir de Antoine Jaccoud

36 min

Suivie de
Au revoir d’Antoine Jaccoud,
Réalisation Pascal Deux Enregistrée au festival d’Avignon le 13 Juillet 2019
Lecture par Mathieu Amalric
Le duo n’a pas été formé pour l’occasion et c’est ce qui fait le sel de cette proposition. Depuis qu’ils se sont rencontrés sur un tournage des frères Larrieu, Antoine Jaccoud et Mathieu Amalric se vouent respect et amitié. C’est en toute quiétude que le dramaturge et scénariste confie à l’acteur le monologue qu’il a écrit pour lui. Celui d’un père qui prend congé de ses enfants, partis s’établir sur Mars. « Au revoir » se sont-ils dit sur le tarmac, mais se reverront-ils seulement un jour ? Avec une tendresse lucide, Antoine Jaccoud transforme l’au revoir intimiste d’un père à ses fils en une déclaration éminemment politique. Un adieu à ce constant désir des hommes de changer le monde, auquel l'illusion d'en conquérir de nouveaux - pour mieux abandonner l’ancien - se sera désormais substituée.
Equipe de réalisation : Pierric Charles et Mathieu Touren
Assistante à la réalisation Léa Racine Coproduction France Culture / Sélection suisse en Avignon / Centre culturel suisse. Paris   
En partenariat avec Festival d’Avignon - impulsion La Fureur de lire – Genève
France Culture s’associe à la Sélection suisse en Avignon et au Centre culturel suisse de Paris pour accueillir cette lecture inédite en France.  

Sélection suisse en Avignon est un projet conçu et financé par Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture et CORODIS – Commission romande de diffusion des spectacles avec le soutien de la Fachausschuss Tanz & Theater de Bâle, de la Ville et du Canton de Berne, de la République de Genève, de la Ville de Lausanne et du Canton de Vaud, de la Commune de Valangin et du Canton de Neuchâtel, ainsi que de la Société Suisse des Auteurs (SSA), de la Fondation Ernst Göhner, du Pour-cent culturel Migros et de la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature
Le Centre culturel suisse. Paris est une antenne de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture.
Antoine Jaccoud écrit pour le cinéma, le théâtre et tout ce qui peut donner un support à l’expression orale. Il a coécrit et dialogué les films d’Ursula Meier (L’enfant d’en haut, Journal de ma tête, Home), de Bruno Deville (Bouboule) ou de Bettina Oberli (Le vent tourne). À la scène, il fait entendre Le mari de Lolo (Ferrari), le dernier paysan du monde dans On liquide ou dit adieu aux bêtes dans son « monologue du zoophile », créé au Théâtre de Vidy-Lausanne en 2017 avec Jean-Yves Ruf. Antoine Jaccoud tourne également sur les scènes de Suisse et d’ailleurs avec les auteurs et musiciens du groupe de spoken word « Bern ist überall » ou en duo avec les musiciens Christian Brantschen ou Sara Oswald.  Au revoir, créé à Genève en 2017 avec et pour Mathieu Amalric est son plus récent monologue. On a récemment retrouvé l’acteur et l’auteur réunis dans Insulaires, un film documentaire de Stéphane Goël, sorti en mars dernier, dont Antoine Jaccoud a écrit la narration.
Publié aux éditions BSN Press (Lausanne) 

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