Photo du spectacle "Onéguine"
Photo du spectacle "Onéguine"
Photo du spectacle "Onéguine" - ©Pascal Victor
Photo du spectacle "Onéguine" - ©Pascal Victor
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Résumé

Dans sa langue pure et lyrique, Pouchkine raconte une jeunesse bercée d’ennui et de rêve : le spleen d’Onéguine, le tourment de Tatiana, la flamme de Lenski et la naïveté d’Olga. La mélancolie, le romantisme, l’ironie et le drame se conjuguent jusqu’au duel fratricide et aux amours perdues.

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Eugène Onéguine est l’œuvre majeure d’Alexandre Pouchkine. Composé entre 1821 et 1831, ce roman en vers est un classique de la littérature russe. Le poète s’adresse au lecteur, il raconte l’histoire d’un jeune homme en route vers un domaine isolé dans la campagne, dont il vient d’hériter de la part d’un oncle ennuyeux. Ce domaine lui permet néanmoins de se dérober à la vie mondaine de Pétersbourg. Pouchkine dresse le portrait de cette jeunesse dorée aristocrate, vivant de fêtes et de bals, noyant l’ennui dans les effluves du plaisir. Las de ce monde vain, Onéguine souhaite voyager ; les plaines solitaires du domaine éveillent son intérêt. Le héros mène une vie solitaire, jusqu’au jour où Lenski, un jeune poète de dix-huit ans, s’installe dans une maison voisine. Ainsi naît une amitié « pour tuer le temps ». Lenski dévoile à Onéguine sa passion pour Olga, son amie d’enfance. Invités chez la famille d’Olga, Onéguine y rencontre Tatiana, la sœur aînée, à la beauté sauvage et froide… À travers ses octosyllabes, simples, purs et lyriques, Pouchkine raconte l’histoire de ces jeunes cœurs bercés d’ennuis et de rêves : le spleen d’Onéguine, le tourment de Tatiana, la flamme de Lenski et la naïveté d’Olga. La mélancolie, le romantisme, l’ironie et le drame se conjuguent jusqu’au duel fratricide et aux amours perdues. Après l’ultime roman de Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov, Jean Bellorini poursuit son exploration de chefs-d’œuvre de la littérature en adaptant Eugène Onéguine. Il retrouve les acteurs du spectacle Un fils de notre temps d’Ödön von Horváth et fait résonner à quatre voix la poésie de Pouchkine, dans un dispositif étonnant en bi-frontal.
Mise en scène Jean Bellorini Traduction André Markowicz publiée chez Actes Sud, collection Babel
Réalisation sonore Sébastien Trouvé
Réalisation radiophonique Baptiste Guiton
Avec : Clément Durand, Gérôme Ferchaud, Antoine Raffalli, , Matthieu Tune, Mélodie-Amy Wallet
Composition originale librement inspirée de l’opéra Eugène Onéguine de Piotr Tchaïkovski enregistrée et arrangée par Sébastien Trouvé et Jérémie Poirier-Quinot
Jérémie Poirier-Quinot (Flûte), Florian Mavielle et Benjamin Chavrier (Violons), Emmanuel François (Alto), Barbara Le Liepvre (violoncelle), Julien Decoret (contrebasse), Anthony Caillet (Euphonium)
Equipe de réalisation Ivan Charbit, Etienne Colin, Christophe Goudin
Assistant à la réalisation : Pablo Valero
Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Reprise de la production déléguée Théâtre National Populaire
Production Théâtre Gérard Philipe – centre dramatique national de Saint-Denis
Spectacle créé le 23 mars 2019 au Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis.
C‘est naturellement la traduction d’André Markowicz qui a été choisie par Jean Bellorini. André Markowicz est un complice de longue date mais c’est surtout la qualité et la beauté de la traduction qui a déterminé ce choix. S’il a mis près de vingt-huit ans à traduire les cinq mille cinq cent vingt-trois vers de ce roman, c’est parce qu’il s’est employé à transmettre le plus fidèlement possible la métrique russe, en suivant les accents rythmiques, pour rapprocher le vers syllabique français du vers russe, syllabo-tonique. Il a ainsi réussi à transmettre la beauté essentielle de l’œuvre. Et c’est ainsi qu’il parle de l’œuvre dans Partages : "Je le dis souvent : une fois qu’on est entré dans Onéguine, qu’on a, non pas “compris” (il n’y a rien à comprendre, pas de sens caché, rien – tout est à la surface), mais “senti”, alors, vraiment, votre vie change, et vous vivez dans ce sourire, ce sourire d’une tristesse infinie, mais dont émane une lumière étonnante : quelque chose d’intime (je veux dire que ça parle à chacun de nous différemment, selon sa vie, son enfance, ses propres souvenirs) et de totalement universel. Et, je le redis, léger."

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Entretien de André Markowicz par Blandine Masson

14 min

Photo du spectacle "Onéguine"
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- ©Pascal Victor

Alexandre Pouchkine naît en 1799 à Moscou dans une des plus brillantes familles de la noblesse russe. Il est l’arrière-petit-fils d’un jeune noir acheté à Constantinople et offert en tant que curiosité au premier empereur, lequel se prit de sympathie pour lui, lui fournit une excellente éducation, une fortune et une carrière. Délaissé par ses parents, Alexandre Pouchkine se réfugie dans les livres. À la sortie du Lycée Impérial, il se consacre à la littérature. Il publie de nombreux poèmes libertaires et n’hésite pas à provoquer le pouvoir. Le tsar Alexandre 1er le condamne alors à l’exil. Grâce à ses amis, il échappe à la Sibérie mais est envoyé dans des provinces reculées. Néanmoins, son voyage en Crimée et dans le Caucase lui fait découvrir des paysages magnifiques qui bercent ses poèmes. C’est durant ce voyage, en 1823, qu’il commence à travailler sur Eugène Onéguine : « En ce moment, je n’écris pas un roman, mais un roman en vers – différence diabolique. » Nouvellement couronné, le tsar Nicolas 1er offre son pardon à Pouchkine et l’autorise à revenir à Moscou. De retour à la vie mondaine, Pouchkine souffre affreusement de jalousie en voyant le français Georges d’Anthès courtiser sa femme Natalia Gontcharova. Excédé, il le provoque en duel. Les deux hommes s’affrontent dans les faubourgs de Pétersbourg ; Pouchkine est touché d’une balle dans le ventre et meurt deux jours plus tard. Alexandre Pouchkine incarne le souffle poétique russe. Il affirme la force lyrique de cette langue, rejetée par la noblesse privilégiant le français. En composant en prose ou en vers, des contes, des nouvelles ou des drames, il démontre la richesse et la musicalité de la langue du peuple dans un style précis, élégant et épuré.

Jean Bellorini se forme comme comédien à l’école Claude Mathieu. Au sein de la Compagnie Air de Lune, qu’il crée en 2001, il met en scène : Un violon sur le toit de Jerry Bock et Joseph Stein, La Mouette d’Anton Tchekhov (création au Théâtre du Soleil, Festival Premiers Pas, 2003), Yerma de Federico García Lorca (création au Théâtre du Soleil en 2004), L’Opérette, un acte de l’Opérette imaginaire de Valère Novarina (création au Théâtre de la Cité Internationale en 2008). En 2010, il reprend Tempête sous un crâne, spectacle en deux époques d’après Les Misérables de Victor Hugo au Théâtre du Soleil. En 2012, il met en scène Paroles gelées, d’après l’œuvre de François Rabelais, puis en 2013 Liliom ou La Vie et la Mort d’un vaurien de Ferenc Molnár, au Printemps des Comédiens (Montpellier). En 2013, La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht est créée au Théâtre national de Toulouse. Il reçoit, en 2014, les Molières de la mise en scène et du meilleur spectacle du théâtre public pour Paroles gelées et La Bonne Âme du Se-Tchouan. En 2014, il est nommé à la direction du Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis. Il s’entoure d’artistes complices et de sa troupe pour y développer trois axes forts : la création, la transmission et le travail d’action artistique sur le territoire. Dans cet esprit, il a engagé dès La Bonne Âme du Se-Tchouan une collaboration artistique avec Macha Makeïeff qui se construit dans le dialogue, le temps et la complémentarité : elle signe les costumes de ses spectacles, il signe les lumières des siens. En novembre 2014, il met en scène Cupidon est malade, texte de Pauline Sales pour le jeune public. En janvier 2015 au TGP, il crée Un fils de notre temps, d’après le roman d’Ödön von Horváth. Le spectacle tournera plus d’une centaine de fois, dans des salles de spectacle ou des lieux non dédiés (lycées, maisons de quartier, etc.). En juillet 2016, il crée Karamazov d’après le roman de Fédor Dostoïevski au Festival d’Avignon (nommé pour le Molière du spectacle de théâtre public 2017). Il reprend Liliom, Tempête sous un crâne, Paroles gelées au fil des saisons du TGP, créant ainsi un répertoire vivant, suscitant la venue de nouveaux spectateurs. En novembre 2018, il crée Un instant, d’après À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et en mars 2019, Onéguine d’après Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine au Théâtre Gérard Philipe. Il crée la Troupe éphémère, composée d’une vingtaine de jeunes amateurs âgés de 13 à 20 ans, habitant Saint-Denis et ses environs. Le projet, né du désir de s’engager durablement auprès du public adolescent, fait l’objet de répétitions tout au long de l’année pour parvenir à la création d’un spectacle dans la grande salle du Théâtre. En mai 2015, il met en scène Moi je voudrais la mer d’après des textes poétiques de Jean-Pierre Siméon. En mai 2016, il met en scène Antigone de Sophocle. En avril 2017, il met en scène 1793, on fermera les mansardes, on en fera des jardins suspendus, d’après 1793, La Cité révolutionnaire est de ce monde, écriture collective du Théâtre du Soleil. Ce spectacle est invité par Ariane Mnouchkine au théâtre du Soleil pour une représentation exceptionnelle le 30 juin 2018. En 2018, en collaboration avec le chorégraphe Thierry Thieû Niang, et pendant une période plus courte, il met en scène vingt-quatre jeunes amateurs dans Les Sonnets de William Shakespeare. En mai 2019, il met en scène Quand je suis avec toi, il n’y a rien d’autre qui compte, un texte écrit par Pauline Sales, dans le cadre d’une résidence d’auteur au TGP. Parallèlement à son travail à Saint-Denis, il développe une activité avec des ensembles internationaux, en veillant à ce que les productions qu’il met en scène soient présentées dans son théâtre dionysien. En février 2016, il crée au Berliner Ensemble Der Selbstmörder (Le Suicidé) de Nicolaï Erdman. En décembre 2017, il met en scène la troupe du Théâtre Alexandrinski de Saint-Pétersbourg dans Kroum de Hanokh Levin. Il est également invité à réaliser des mises en scène pour l’opéra. En octobre 2016, il met en scène La Cenerentola de Gioachino Rossini à l’Opéra de Lille. En juin 2017, il crée la mise en espace d’Orfeo de Claudio Monteverdi au Festival de Saint-Denis et en juillet 2017 Erismena de Francesco Cavalli au Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence. Pour ces deux nouvelles créations, il collabore à nouveau avec Leonardo García Alarcón, chef d’orchestre qu’il avait rencontré en juin 2015 autour de La Dernière Nuit, une création originale autour de l’anniversaire de la mort de Louis XIV, au Festival de Saint-Denis. En octobre 2018, il met en scène Rodelinda de Georg Friedrich Haendel à l’Opéra de Lille. Enfin, il réalise en 2016, avec les acteurs de sa troupe, un parcours sonore à partir de textes de Peter Handke, pour l’exposition Habiter le campement, produite par la Cité de l’architecture et du patrimoine. En 2018, au Grand Palais (Paris), il participe avec certains membres de la Troupe éphémère à l’exposition Éblouissante Venise, dont le commissariat artistique est assuré par Macha Makeïeff. Au 1er janvier 2020, Jean Bellorini est le nouveau directeur du Théâtre National Populaire, centre dramatique national de Villeurbanne. En octobre, il présente Le Jeu des Ombres de Valère Novarina à la Semaine d'art en Avignon.

Références

L'équipe

Mary Simon
Collaboration