France Culture
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Nous écoutons d'abord l'intervention de l'islamologue Rachid Benzine. Ensuite, le public présent au Forum participe une dernière fois au jeu croisé des questions-réponses qui a animé ces rencontres toutes pleines de promesses, tout au long de cette semaine. C'est l'occasion de très riches échanges avec les trois intervenants que nous avons écoutés depuis hier...

Rachid Benzine enseigne à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, dans le cadre du Master "Religions et société" mais ausi à l'UCL (Université Catholique de Louvain, à Louvain-la-Neuve, en Belgique) et à la faculté de théologie protestante de Paris.

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Il est aussi chercheur associé à l'Observatoire du religieux et codirecteur de la collection Islam des lumières chez Albin Michel, qui se consacre plus particulièrement aux ouvrages sur la pensée musulmane contemporaine.

Il nous introduit avec bonheur quelques notions essentielles de la promesse dans le discours coranique.

Dans toute promesse, il y a d'abord l'acte de parole. On dit, d'ailleurs : "Donner sa parole"... Mais cette parole, comment peut-on faire pour la maintenir ? Et comment se maintenir dans le temps, malgré les "intermittences du coeur", décrites par Proust ? On engage l'autre bien sur, dans notre propre promesse, mais il y a quelque chose d'important qui va au-delà : l'institution du langage. Dans l'éventuelle violation de la promesse, il y a non seulement la notion de trahir à la fois soi-même et l'autre, mais aussi de trahir ce qui nous fonde : le language et la parole.

Dans le discours coranique, il ne peut y avoir de parole de Dieu sans la parole humaine. Il est dit aussi que Dieu ne manque jamais à sa promesse. C'est pourquoi, lorsque des gens font des serments, il leur est demandé de tenir parole coûte que coûte.

S'ils n'y parviennent pas, on leur propose des expiations, car il s'agit alors réellement d'un péché grave...

 tomb of Mevlana Jalaluddin Rumi in the city of Konya
tomb of Mevlana Jalaluddin Rumi in the city of Konya
© Reuters