Premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes : une centaine de personnes sont regroupées sur un rond-point proche du péage autoroutier de La Ciotat.
Premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes : une centaine de personnes sont regroupées sur un rond-point proche du péage autoroutier de La Ciotat. ©Maxppp - SPEICH Frédéric
Premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes : une centaine de personnes sont regroupées sur un rond-point proche du péage autoroutier de La Ciotat. ©Maxppp - SPEICH Frédéric
Premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes : une centaine de personnes sont regroupées sur un rond-point proche du péage autoroutier de La Ciotat. ©Maxppp - SPEICH Frédéric
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Occuper un territoire pour revendiquer le droit de le préserver et de l'habiter. Investir une place sur un temps long, la nuit, pour protester contre des lois et s'organiser. Plus récemment, le samedi, se rassembler sur un rond-point. Le territoire est-il l'enjeu et le support des luttes récentes ?

Avec
  • Fabrice Ripoll Maître de conférences en géographie sociale à l’UPEC
  • Chloé Gerbier Juriste de l’association « Notre affaire à tous »
  • Luc Gwiazdzinski Géographe, professeur à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Toulouse, chercheur au LRA et associé à l’EIREST (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Ce soir, une thématique engageante : Une géographie des nouvelles mobilisations politiques : des ZAD aux ronds-points.

Alors commençons, justement, par une carte, une carte de France. Une carte construite par le média Reporterre, qui pointe sur l’Hexagone les luttes qui s’articulent autour ou contre des projets de bétonnage, de transport, d’énergie ou de déchets, autour ou contre des initiatives industrielles, agricoles ou commerciales… Il semble que le pays est en ébullition.

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Sur cette carte : pas de diagonale du vide. Toutes les régions, tous les espaces – ruraux, urbains, périurbains – sont concernés. Et l’immense majorité des mobilisations a son lieu, son type de lieu, son imaginaire, son appropriation et ses symboles spatiaux. Car pour échanger, dialoguer, agir, réagir, construire, entraîner… il faut pouvoir se réunir.

Alors que nous apprend la dimension spatiale, explicite ou implicite, des conflits sociaux ?

Tel sera le fil rouge ce soir, de Géographie à la Carte.

Pour en discuter, trois invité·e·s : 

  • Fabrice RIPOLL, maître de conférences en géographie sociale à l’UPEC
  • Luc GWIAZDZINSKI, géographe et enseignant-chercheur en aménagement et urbanisme à  l’Université Grenoble-Alpes
  • Chloé GERBIER, juriste spécialisée en droit de l’environnement au sein de l'association “Notre affaire à tous”.

Les ZAD se construisent autour de la nécessité du lieu, de protéger le lieu avant tout. En fait à la fois ces lieux-là sont imposés, donc on est un peu loin du rendez-vous spontané où l'on prend un lieu parce qu'on a envie de le prendre. Ils sont imposés par la nécessité et l'urgence de protéger des zones naturelles, des zones humides, la biodiversité, mais aussi des paysages et la santé publique, parfois, ou même l'environnement très proche des personnes habitant les territoires. Et en même temps, ils sont habités, investis contre l'imposé et donc par choix. Et on a cette réunion qui sacralise le lieu, qui en fait des zones à défendre, car en fait, on est dans la défense de ce lieu, donc le lieu est primordial, en effet, dans la construction et dans l'histoire de la ZAD. Chloé Gerbier

Autant la contextualisation historique, elle, est souvent faite - on imagine mal de mélanger l'ordre chronologique des événements -, autant la contextualisation géographique, la localisation des actions dans l'espace, elle, peut être négligée. Alors c'est en train de changer dans les travaux récents, notamment, on a l'impression que le mouvement des places a joué son rôle dans cette espèce de mise en évidence de l'importance de la dimension spatiale (...) pour rappeler aux chercheurs qu'effectivement, les mouvements ne sont pas hors-sol. J'aime bien dire que les événements doivent avoir lieu quelque part si on veut faire faire l'histoire. Fabrice Ripoll

Dans les ronds-points que j'ai pu étudier, il y a peu de gens qui allaient à Paris depuis ce qu'on appelait autrefois la province. Il y avait finalement assez peu de gens qui avaient les moyens, de toute façon, de partir sur Paris. Par contre, dans la pensée géographie, dans cette scène-là, il y avait effectivement, les rendez-vous réguliers sur le rond-point, le fait que ce rond-point soit habité 24 heures sur 24, puis après plusieurs jours dans la semaine, plutôt en journée. Et puis il y avait le fait aussi que, puisque le mouvement était aussi dupliqué d'une certaine façon dans les villes en ce qui concerne le rond-point que j'ai précisément étudié, une partie des membres de ce rond-point partait sur les manifestations du samedi à Grenoble ou à Chambéry. Luc Gwiazdzinski

En fin d'émission, Gwendoline TROYANO a fait un point sur l'organisation Extinction Rebellion. Attachée de production avec nous cette semaine, elle a travaillé sur l’émergence des écoféminismes dans le cadre d'un mémoire à l’EHESS sous la direction de Geneviève Pruvost. Elle a ainsi évoqué l'occupation par les militant·e·s d'XR - surnom du mouvement - du centre commercial Italie 2 à l'automne 2019 :

Ce centre commercial, qui se situe juste en face de la mairie du 13e arrondissement est un lieu tout à fait stratégique, symbolique. Les rebelles disent que c'est un lieu emblématique du système économique injuste et destructeur, pour reprendre leurs termes, tout simplement. Et donc, en l'espace de quelques heures en petits groupes, ils ont réussi en fait à occuper l'atrium, qui est un lieu lumineux très grand, la circulation y est très forte, notamment le samedi. Ils sont donc arrivés un samedi après-midi pour occuper cet atrium et ça a été relativement facile. Et ça a permis évidemment à ce mouvement de gagner en visibilité et de sensibiliser le plus possible les passants. Gwendoline Troyano

Pour aller plus loin :

Extraits sonores : 

  • Un extrait d'un reportage France 3 en mars 2019 sur les manifestations et les réseaux sociaux
  • Un extrait d'un documentaire sur le Larzac (1973)

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