Tourisme sentimental, tourisme sexuel

"Vers le Sud", de Laurent Cantet
"Vers le Sud", de Laurent Cantet - Haut et Court
"Vers le Sud", de Laurent Cantet - Haut et Court
"Vers le Sud", de Laurent Cantet - Haut et Court
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Au-delà du tourisme sexuel, un autre tourisme s’articule autour des notions de voyage sentimental ou matrimonial. Qu’est-ce qui les distingue ? Peut-on encore parler de prostitution pour certains d'entre eux ? En quoi la mondialisation et le mouvement #MeToo ont-ils influé sur ce type de tourisme ?

Avec
  • Marion Bottero sociologue et anthropologue, chercheuse au Crébis (Centre de recherche bruxellois sur les inégalités sociales)
  • Altaïr Despres anthropologue, chargée de recherche au CNRS à l’IMAF, Institut des mondes africains.

La carte du territoire

Carte du tourisme sexuel
Carte du tourisme sexuel
- Marion Bottero

"Il y a peu de cartes qui ont été réalisées sur tourisme sexuel, car rares sont les données quantitatives sur le sujet, peut-être parce que c’est un sujet tabou. Ce manque d’éléments est à lui seul parlant. Ce que j’ai voulu montrer sur cette carte, nous explique Marion Bottero, ce sont les différentes zones qui lui sont associées : l’Asie du Sud-Est (avec la Thaïlande en premier lieu qui est le pays de référence en termes de tourisme sexuel, très popularisé et connu), l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique du Sud, avec les îles de Madagascar et de Maurice, et un petit cercle en Europe de l’Est, qui recouvre la République tchèque, Riga, la capitale de la Lettonie, et Amsterdam. Autrement dit, la majorité des endroits où il peut y avoir du tourisme sexuel se concentre dans le sud. Cela fait partie de son essence : il est associé à des lieux où la vie coûte peu cher, où l’on augmente son pouvoir d’achat, et aussi peut-être, son statut de femme occidentale ou d’homme occidental."

Notre géographie ce soir flirte avec les tabous, les ambiguïtés, parfois même le choquant, puisqu’il va être question de ces voyages qu’on effectue dans des pays lointains avec l’espoir, plus ou moins secret, d’y rencontrer quelqu’un, pour passer une nuit ou le temps des vacances, voire même la vie entière.

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Avec nos deux invitées,

Altaïr Despres, chercheuse au CNRS, dont les recherches récentes portent sur la transformation des relations de genre et d’intimité (sexualité, conjugalité) sous l’effet de l’intensification des circulations internationales vers l’archipel tanzanien depuis la fin du 20e siècle, et qui vient de publier Zanzibar aux éditions Julliard, qui raconte d’une façon littéraire ce qu’elle a constaté sur place en tant qu’anthropologue.

et Marion Bottero, également anthropologue, chargée de recherche au CREBIS, centre de recherche bruxellois sur les inégalités sociales, qui a enquêté sur les hommes occidentaux en couple avec des femmes locales en Thaïlande et en Malaisie, en s’intéressant aux représentations de l’Autre ainsi qu'aux rapports de pouvoir et de dépendances qui se jouent en termes d’identité de genre, de classe et de "race" dans son essai  Tourisme sexuel et relations conjugales en Thaïlande et en Malaisie, paru aux éditions de l’Harmattan,

Nous nous intéresserons au tourisme sexuel, au tourisme sentimental, au tourisme matrimonial, pratiqués par des occidentaux qui décident d’aller rechercher dans le lointain ce qu’ils ne trouvent plus dans le proche, à l'image du personnage incarné par Charlotte Rampling dans le film de Laurent Cantet, Vers le sud, en 2006.

Retrouvez la carte du territoire dès le mardi sur @Mgarrigou

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