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. ©AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
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Nombreux sont ceux qui agissent pour influencer la fabrication des décisions publiques. La transparence est-elle suffisante pour réguler ces pratiques ?

Avec
  • Antoine Vauchez politiste, directeur de recherche au CNRS au Centre européen de sociologie et de science politique (Université Paris 1 - EHESS)
  • Guillaume Courty professeur de science politique à l’Université de Lille 2 et chercheur au Ceraps,

Cela va des rendez-vous officiels avec des décideurs publics, aux rencontres et invitations les plus informelles. Ce sont des argumentaires juridiques, des amendements parfois, ou encore des études scientifiques, livrées aux décideurs, des colloques, rencontres destinées à mettre en lumière tel ou tel expert. Par tous ces moyens, ceux qui font du lobbying poursuivent un même objectif : influencer les décisions publiques et les régulations. Et ils sont nombreux à le faire : fédérations professionnelles, directeur des affaires publiques au sein d'une entreprise, cabinets de conseils en lobbying, associations... La Loi Sapin 2 de 2016 les appelle  les "représentants d'intérêts".  Elle a ainsi donné une forme de légitimité institutionnelle à ces acteurs, tout en leur fixant des obligations. Tous sont désormais tenus de s'inscrire dans un registre tenu par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Un an après sa création, ce registre dénombre 1600 inscrits. Ils doivent y déclarer leurs thèmes de travail, les types de décideurs visés et d'actions utilisées, une fourchette des sommes engagées. Mais sans plus de détail. Une avancée vers plus de transparence, mais qui en l'état ne permet guère de mesurer dans quelle mesure chacun a pu peser sur les décision publiques. Or c'est bien ce que réclament un certain nombre d'acteurs de la société civile. Beaucoup dénoncent une inégalité de moyens entre les représentants de l'industrie, du monde des affaires, et les autres.  De leur côté, les professionnels de l'influence peuvent désormais difficilement faire l'économie d'un discours sur la transparence.  
Certains, en particulier parmi les cabinets de conseils, en font même un argument. Ils sont de plus nombreux à vouloir faire reconnaître leur rôle et revendique une légitimité démocratique  En somme à faire de l'encadrement un instrument de leur normalisation dans le champ politique Que faut-il rendre public et comment, quelle contraintes doivent s'appliquer aux métiers de l'influence ? La régulation du lobbying fait elle-même l'objet d'un intense lobbying.

Reportage de Catherine Petillon.

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L'équipe

Aurélie Kieffer
Aurélie Kieffer
Aurélie Kieffer
Production
Catherine Petillon
Journaliste
Annie Brault
Réalisation
Micro France Culture
Micro France Culture
Éric Chaverou
Collaboration