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La poète russe Anna Akhmatova (1889-1966)
La poète russe Anna Akhmatova (1889-1966)
La fin de la guerre en 1945 ne signe pas pour autant la fin du stalinisme. Le monde reste en tension et la Russie prisonnière d’elle-même. Anna Akhmatova retrouve son fils Liova et des visages amis : dans une atmosphère de traque des intellectuels, c’est le temps des retrouvailles en forme d’adieux.
59 min
Anna Akhmatova (au centre) et Maria Kuzmina-Karavayeva (à gauche)
Anna Akhmatova (au centre) et Maria Kuzmina-Karavayeva (à gauche)
Avec la signature du pacte germano-soviétique, l’année 1939 frappe la Russie, alors URSS, d’un nouveau trauma. S’ensuivent des années douloureuses pour Anna Akhmatova prise dans les secousses du stalinisme, de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre froide... et de ses révolutions intérieures.
52 min
"Portrait d'Anna Akhmatova" (1922) par Kuzma Petrov-Vodkin (1878-1939), à Saint-Petersbourg
"Portrait d'Anna Akhmatova" (1922) par Kuzma Petrov-Vodkin (1878-1939), à Saint-Petersbourg
Entre les années 1920 et 1940, Anna Akhmatova voit l'entourage qui la protégeait encore se déliter. Elle a rompu avec son nouveau mari Vladimir Pounine, le poète Ossip Mandelstam meurt en déportation... Les hommes disparaissent, mais une jeune femme frappe à sa porte, Lydia Tchoukovskaïa.
56 min
 Portrait de la poète russe Anna Akhmatova
Portrait de la poète russe Anna Akhmatova
A partir de 1912, tout va très vite, dans la vie d'Anna Akhmatova. Elle découvre la vie de femme mariée, écrit des poèmes mélancoliques, connaît la gloire et les chagrins d'amour. Puis survient la révolution, c'est pour les poètes une énergie nouvelle et bientôt, le désenchantement.
54 min
Portrait d'Anna Akhmatova (1889-1966)
Portrait d'Anna Akhmatova (1889-1966)
Geneviève Brisac nous conte l'histoire d'une femme passionnée et d'une écrivaine immense, qui vécut à travers les guerres, la Révolution et la grande Terreur stalinienne : Anna Akhmatova.
52 min

À propos du podcast

@ Radio France
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du 3 au 7 août de 9h05 à 11h sur France Culture

Anna Akhmatova : une femme passionnée et une écrivaine immense à travers les guerres, la Révolution et la grande Terreur stalinienne. Son oeuvre, ses chants d’amour et de désespoir, forment la plus pudique et la plus puissante des autobiographies.

Mince, élancée et droite, fière, enveloppée dans un châle, Akhmatova ressemble à une gitane. "On dirait la tragédienne Rachel jouant Phèdre", dit son ami le poète Ossip Mandelstam. Elle a le nez busqué, les cheveux très noirs, elle est rarement souriante. On ne peut passer devant elle sans la remarquer. Son oeuvre, ses chants d’amour et de désespoir, forment la plus pudique et la plus puissante des autobiographies. Et, à travers elle, d’un demi-siècle russe sanglant et déchirant, d’un peuple torturé, d’une révolution trahie, de deux guerres, et d’une oeuvre à qui reste le dernier mot. Autoportrait et portrait d’une époque. Un destin.

1/ Quand on songe à la Russie des années trente, on pense à Boris Pasternak et à son docteur Jivago, à Varlam Chalamov, et ses récits de la Kolyma, on pense à Marina Tsvetaïeva. Mais on oublie celle dont le prix Nobel Joseph Brodsky disait qu'elle était la plus grande, plus grande qu'eux tous : un génie.

Il est grand temps de réhabiliter le visage et l'œuvre d’Anna Akhmatova.

2/ Amedeo Modigliani lui écrivait : « Vous êtes en moi comme une hantise. Je tiens votre tête entre mes mains et je vous couvre d'amour. » Il fit d'elle seize portraits sublimes. Elle lui portait des roses rouges, et ils se promenaient dans les jardins du Luxembourg, bavardaient devant la statue de Verlaine.

3/ Tout au long de sa vie, elle dut résister à Staline qui disait d'elle :  « c'est une nonne et une putain ». Il fit déporter son fils Lev, qui subit 17 ans de Goulag, et son troisième mari, Nicolaï Pounine qui y mourut.

Elle fut interdite de publication pendant trente ans mais jamais ne dévia de son cap :

- nommer les choses ;

- être une poète et une femme libre.

4/ A l'instar de Virginia Woolf, à qui elle ressemble par de nombreux côtés, son œuvre immense est une sorte d'autobiographie de toutes les femmes, à commencer par son vertigineux Requiem.

Geneviève Brisac est écrivaine, prix Fémina 1996. Agrégée de lettres, diplômée de philosophie, elle a enseigné pendant dix ans en Seine-Saint-Denis, a été critique littéraire au Monde pendant une vingtaine d’années, et collabore depuis dix-neuf ans à France Culture. On lui doit de nombreuses fictions, des portraits de Virginia Woolf, Marina Tsvetaïeva ou Karen Blixen. Elle a réalisé en 2016 une Grande Traversée sur la Comédie-Française. Ses travaux sur Virginia Woolf, Alice Munro ou Karen Blixen, et son dernier ouvrage, Sisyphe est une femme, l'ont conduite très naturellement à se passionner pour Anna Akhmatova.

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