Gisèle Halimi, pendant sa campagne électorale, Paris, 1975.
Gisèle Halimi, pendant sa campagne électorale, Paris, 1975. ©Getty - Gilbert Uzan
Gisèle Halimi, pendant sa campagne électorale, Paris, 1975. ©Getty - Gilbert Uzan
Gisèle Halimi, pendant sa campagne électorale, Paris, 1975. ©Getty - Gilbert Uzan
Publicité

Avocate, militante, députée … Tunisienne, française, ou presque algérienne. A qui appartient l’héritage de Gisèle Halimi ? Aux femmes et aux hommes d’Etat ou aux féministes de la rue ?

Avec
  • Jean-Yves Halimi Avocat, fils de Gisèle Halimi
  • Rachida Ennaifer Juriste
  • Michelle Perrot Historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'Université Paris Cité
  • Emmanuel Faux journaliste, a été le correspondant permanent d'Europe 1 à Jérusalem de 2003 à 2007
  • Claire Charlès Militante féministe et secrétaire générale de l’association Les Effrontées.
  • Benjamin Stora Historien, auteur du rapport public "Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d'Algérie" commandé en juillet 2020 par le président de la République
  • Samia Kassab-Cherfi Professeure de littérature à l'université de Tunis
  • Meriem Ben Mansour Doctorante en littérature, université de Tunis
  • Bibia Pavard Maîtresse de conférence à l’université Paris II Panthéon-Assas.
  • Violaine Lucas Professeure, et présidente de l’association Choisir la cause des femme
  • Serge Halimi Directeur du Monde Diplomatique
  • Louise Doubray Psychologue clinicienne auprès de femmes victimes de violences chez l’association Woman’s Safe.
  • Martine Portnoé Membre de Choisir la cause des femmes
  • Wassyla Tamzali essayiste, ancienne avocate à Alger et ancienne directrice des droits des femmes à l'Unesco, membre fondateur du Collectif Maghreb Egalité et directrice du centre d’art contemporain « Les ateliers sauvages »

Pour Gisèle Halimi, après avoir gagné les procès de Bobigny et d’Aix, et fait changer les lois, le combat qui s’impose à présent est de faire entrer des femmes au Parlement. Elle met son association "Choisir" au service de cette nouvelle lutte. C’est le début de sa campagne électorale qui a marqué les membres de son association, en témoigne Martine Portnoé : "Elle nous a embarqués dans une histoire de présenter ‘Cent femmes pour les femmes’, aux élections législatives. L’objectif de changer les lois était numéro un. Faire changer les lois, pour faire changer les mentalités.” 

Gisèle Halimi, Paris, 1978.
Gisèle Halimi, Paris, 1978.
© AFP - James Andanson

Une ambition politique posant des questions déontologiques identifiées par Gisèle Halimi, qui note que pratiquer la justice en avocate, et faire la loi en députée élevaient en elle des garde-fous nécessaires dans Une embellie perdue (1994).

Publicité

Gisèle Halimi m’a parlé en 2005, du projet “la cause de l’Européenne la plus favorisée” Elle me disait : “Ça vous semble fou parce que c’est historique.” J’ai réfléchi très vite et je me suis dit, pourquoi elle dit que c’est historique ? Et puis, j’ai pensé à tous ses combats. Je me suis dit mais c'est historique et elle a raison, c'est complètement fou et il faut le faire. (Violaine Lucas, Présidente de Choisir) 

Elle a finalement été une actrice historique de premier plan. Mais que reste-t-il de cette histoire, de son vécu, de ses écrits, de ses livres ? À qui appartient son héritage ? 

Fresque, centre Tunis, mars 2021
Fresque, centre Tunis, mars 2021
- Ilana Navaro

Quand on l'entend, elle est en sécurité linguistique parfaite. Mais quand on la lit, la source orale et l'accent tunisien irriguent son discours. (Samia Kassab-Charfi)

C’était aussi ça, sa force. C’est de pouvoir jouer sur tous les plans, de pouvoir accompagner les mouvements de la rue, de pouvoir aller manifester, pour ensuite prendre la parole dans les médias, puis défendre ses idées au tribunal. C'est le fait d'agir sur tous ces plans qui caractérise Gisèle Halimi, ce qui fait aussi que c’est dans cette figure que peuvent se reconnaître différentes féministes d'aujourd'hui. (Bibia Pavard)

Que ce soit dans les rues parisiennes, dans les ruelles de la Goulette, ou encore dans les boulevards d'Alger, Gisèle Halimi y a laissé une trace. Un flambeau d'espoir que de nombreuses féministes espèrent perpétuer. 

On espère pouvoir prendre ce rôle de relève et continuer le combat qu'elle a mené pour les droits des femmes, mais aussi des personnes LGBTQ+, et des personnes racisées. C'est un combat assez international qu'elle a pu mener. (Claire Charlès)

En janvier 2021, l’historien Benjamin Stora rend son rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie au Président de la République. Il y propose la panthéonisation de Gisèle Halimi. 

Un président de la République me demande, après 45 ans de travail sur la question, de faire une note de synthèse. Qu'est-ce que je fais ? Soit je me réfugie dans la sphère académique tranquille, soit je dis qu'il faut s'emparer du truc qui essaie de faire bouger réellement les choses. C'est ce que j'ai décidé de faire. (Benjamin Stora)

Gisèle rejoindra-t elle finalement au Panthéon son amie, Simone Veil, aux côtés de laquelle elle s’était battue pour légaliser l’avortement ?

On se dit que de toute façon, la controverse lui va si bien : une fauteuse de trouble, même après sa mort…

Lecture de texte : Françoise Gillard

Prise de son : Romain Luquiens, Nicolas Mathias, Stéphane Beaufils et Clara Galivel

Mixage : Bernard Laniel 

Archive INA : Haude Vincent

Documentation : Annelise Signoret

Avec la collaboration de : Mariam Ibrahim

Remerciements :  Erige Sehiri, Meriem Ben Mansour, Safe Chouaieb, Karim Miské

Bibliographie : 

  • Gisèle Halimi, "Une embellie perdue", Ed. Gallimard, 1995.
  • Gisèle Halimi, "Ne vous résignez jamais", Ed. Plon, 2009.

L'équipe