Jean-François Champollion et Léon-Jean-Joseph Dubois. Dessin préparatoire de la stèle d'Hathor pour le Panthéon égyptien. 1815-1825 - BnF, département des Manuscrits
Jean-François Champollion et Léon-Jean-Joseph Dubois. Dessin préparatoire de la stèle d'Hathor pour le Panthéon égyptien. 1815-1825 - BnF, département des Manuscrits
Jean-François Champollion et Léon-Jean-Joseph Dubois. Dessin préparatoire de la stèle d'Hathor pour le Panthéon égyptien. 1815-1825 - BnF, département des Manuscrits
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Résumé

Après le triomphe du déchiffrement, Champollion s’applique à "lire l’Egypte" sur les œuvres qui affluent en Europe. A Turin, il contribue à l’organisation du premier musée égyptien du monde. Il va alors créer d'un seul geste la muséographie moderne et une science nouvelle : l’égyptologie.

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Après le triomphe du déchiffrement, confirmé par la publication du Précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens en mars 1824, Jean-François Champollion cherche à vérifier sa méthode en la confrontant aux inscriptions des œuvres et des monuments égyptiens. L’Italie est la meilleure destination possible. Turin en particulier, où le monarque de Piémont-Sardaigne s’apprête à ouvrir le premier musée égyptien du monde après l’acquisition de la collection du consul français à Alexandrie, Bernardino Drovetti.

59 min

Le déchiffreur des hiéroglyphes doit à ses principaux soutiens, les ducs de Doudeauville et de Blacas, d’obtenir du roi Charles X l’autorisation et le financement pour passer près de deux ans à étudier les collection égyptiennes en Italie.

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L'égyptologie comme science nouvelle

Après Turin, Champollion visite une partie de l’Italie à la recherche d’œuvres égyptiennes et de hiéroglyphes à déchiffrer. Il travaille notamment pour le musée du Vatican, mais c’est en Toscane qu’il fait deux rencontres déterminantes. Celle d’Ippolito Rosellini, jeune savant avec lequel il envisage pour la première fois une expédition en Égypte, et celle de la deuxième collection égyptienne du consul Salt, qu’il étudie à Livourne dans le but d’un achat par la France.

A Turin, il participe à l’installation de la collection Drovetti, étudie avec passion les papyrus hiératiques et démotiques et s’extasie devant la somptueuse statuaire égyptienne. Il s’attache tout particulièrement aux documents qui le renseignent sur la nomenclature et la chronologie des monarques égyptiens mais fait aussi des découvertes sur les dieux et les cultes, la vie quotidienne, la littérature. Il admire également la diversité de l’art égyptien et n’hésite pas à contester la doxa de l’histoire de l’art de l’époque qui, depuis Winckelmann, met l’art grec à l’origine et au-dessus de tous les autres. Il s’essaie également à la muséographie en établissant des catalogues des œuvres et en suggérant une organisation des salles du Museo Egizio, quitte à s’attirer les foudres du directeur des lieux, Cordero di San Quintino.

Après de longues tractations, Champollion obtient du roi Charles X l’acquisition de milliers de pièces de la collection Salt et l’ouverture d’une section des Antiquités égyptiennes au Louvre, dont il est nommé conservateur. Dès 1827, il se consacre à l’organisation des quatre salles du musée Charles X  et innove une fois de plus en créant un parcours scientifique et thématique et une notice des œuvres pour les visiteurs, créant d’un seul geste la muséographie moderne et une science nouvelle, l’égyptologie.

Quatrième épisode avec :

  • Guillemette Andreu-Lanoë, égyptologue, directrice honoraire du département des antiquités égyptiennes du Louvre, commissaire de l’exposition L’Aventure Champollion (à voir jusqu'au 24 juillet à la BNF)
  • Christophe Barbotin, égyptologue, conservateur au musée du Louvre
  • Silvia Einaudi, égyptologue, codirectrice de la mission française dans la tombe de Padiaménopé (TT 33, nécropole de Louxor, VIIe s. av. J.-C.) et de Pabasa (TT 279)
  • Maëva Gervason, égyptologue, responsable de l’action culturelle au Musée Champollion à Vif, en Isère.
  • Tomaso Montanari, archiviste au Museo Egizio de Turin
  • Federico Poole, égyptologue, conservateur au Museo Egizio de Turin
  • Vincent Rondot, égyptologue, directeur du département des antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.
  • Susanne Töpfer, égyptologue, responsable de la papyrothèque du Museo Egizio de Turin
  • Avec la voix de Christiane Desroches Noblecourt (archives INA) et les voix de François de Brauer, Laetitia Hipp et Mathieu Laurent.

Bibliographie indicative

Une Grande Traversée signée Emmanuel Suarez et réalisée par Anne Fleury.
Prise de son : Olivia Branger, Marc Garvenes, Lucien Lefebvre, Sandrine Mallon et Antoine Viossat. Mixage : Djaisan Taouss. Coordination : Christine Bernard.

Références

L'équipe

Portrait d'Emmanuel Suarez
Portrait d'Emmanuel Suarez
Emmanuel Suarez
Production
Christine Bernard
Coordination
Anne Fleury
Réalisation
Ondine Guillaume
Collaboration
Pascaline Bonnet
Collaboration