Litre de lait de la "marque du consommateur", premier lait équitable français, produit par des éleveurs de l'Ain
Litre de lait de la "marque du consommateur", premier lait équitable français, produit par des éleveurs de l'Ain ©Radio France - Anne-Laure Chouin
Litre de lait de la "marque du consommateur", premier lait équitable français, produit par des éleveurs de l'Ain ©Radio France - Anne-Laure Chouin
Litre de lait de la "marque du consommateur", premier lait équitable français, produit par des éleveurs de l'Ain ©Radio France - Anne-Laure Chouin
Publicité

Reprendre le pouvoir sur la façon dont est produite notre nourriture : c'est aussi une urgence pour les petits producteurs qui meurent de vendre leur production moins chère que ce qu'elle coûte à produire. Témoignages des acteurs d'une belle histoire : la "Marque du consommateur".

Avec

L'initiative a été lancée au mois d’août dernier, et elle a immédiatement suscité un engouement sans précédent. Demander via un questionnaire internet aux consommateurs comment ils souhaitaient que leur lait fût produit : quelle nourriture pour les vaches, quelles conditions d’élevage, avec ou sans OGM, etc. 7 000 réponses plus tard, ce lait est sorti des étables de 50 petites exploitations de l'Ain. Un lait équitable, qui permet à des producteurs laitiers de gagner enfin convenablement leur vie. A l'origine de cette histoire, plusieurs acteurs, au premier plan desquels Martial Darbon, président d'une petite coopérative laitière en Bresse/ Val de Saône, près de Mâcon. Sa façon de produire le lait correspondait au cahier des charges choisi par les consommateurs. Il a immédiatement emmené les 50 éleveurs de sa coopérative dans l'aventure.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

On dit au consommateur : "Ce lait qui est dans la brique que tu viens d'acheter c'est le mien, viens visiter mon étable !"

Publicité

La crise laitière, dont on a beaucoup parlé dans les médias, a mis au jour un "problème dans la filière", comme dit Aurélie Payet, éleveuse elle aussi. Une crise qui a également mis l'accent sur les différents acteurs de la filière. Avec cette question : qui a perdu le pouvoir dans le chemin qui va du producteur au consommateur ? Le premier, et le dernier. Redonner la parole et le choix au consommateur, pour redonner des conditions de travail équitables au producteur, c'est tout l'enjeu de ce nouveau type de commerce équitable France-France.

Avant de faire partie de l'aventure, Aurélie vendait son lait autour de 22 centimes d'euros le litre. Aujourd'hui, la marque du consommateur lui en garantit 39 centimes le litre.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

On a reçu notre nouvelle paye il y a trois jours : ça nous a donné un grand sourire.

Wilfried aussi fait partie de l'aventure. Sa façon de produire le lait était très proche des critères demandés par les consommateurs. Il a donc légèrement adapté ses pratiques. Pour le meilleur.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

On savait déjà que notre production était de qualité. On a pas eu besoin de beaucoup s'adapter.

Comment définir un "juste prix" ?

La marque du consommateur est née d'un regroupement de consommateurs sous l’appellation "C'est qui le patron ?" Un nom qui veut dire ce qu'il veut dire : un appel à redonner le pouvoir à celui qui achète, plus particulièrement à celui qui va manger le produit qu'on lui a vendu. Et qui a donc toute légitimité à connaître la façon dont il est produit. Or du mode de production dépend aussi un prix, le prix "juste". C'est ce qu'a cherché à calculer l’initiateur de la marque du consommateur, Nicolas Chabanne, à l'origine communicant pour un groupement de producteurs de fraises du Vaucluse.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

On s'est mis dans la tête que tout ce que voulait le consommateur, c'était le prix le plus bas possible. Ce n'est pas vrai.

Un mois à peine après son lancement, 1 million de litres de ce lait ont été vendus. Des magasins sont en rupture de stock. Est ce que cet engouement va continuer ? Est-il signe d'une révolution en train de se faire dans les pratiques d'achat ? Et cette révolution dans l'achat augure t-elle d'une révolution dans les pratiques agricoles ? C'est ce que beaucoup veulent croire, comme en témoignent vos réactions sur les réseaux sociaux (à dérouler plus longuement à la fin de cet article)

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Pourquoi ce lait n'est-il pas bio ?

C'est la question soulevée sur les réseaux sociaux par certains d'entre vous, étonnés que les consommateurs n'aient pas demandé en majorité un lait bio.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

La réponse est donnée par Nicolas Chabanne. On rappelle que ce sont 80 familles de l'Ain qui produisent ce lait du consommateur, et qu'elles étaient tout près de mettre la clé sous la porte.

Pourquoi ce lait n'est pas bio?

52 sec

Deux autres produits sont en cours d'élaboration via un questionnaire sur le site de "C'est qui le patron ?". Un jus de pomme (qui sera selon toute probabilité et à cause d'une demande forte biologique) et une pizza. Les producteurs choisis pour en confectionner les ingrédients le seront pour leur capacité à en intégrer le cahier des charges, strict. Et ils seront, là encore, rémunérés équitablement.

Et la grande distribution dans tout cela ?

Le lait du consommateur est vendu dans les magasins du groupe Carrefour
Le lait du consommateur est vendu dans les magasins du groupe Carrefour
© Maxppp - LAURENT THEVENOT

Elle est partie prenante dans cette histoire. Sa force de frappe est indispensable à la réussite rapide de la marque du consommateur, et c'est d'ailleurs via la grande distribution (en l’occurrence Carrefour), que les producteurs et les consommateurs se sont rencontrés. Les grandes enseignes savent qu'elles ne peuvent pas faire l'impasse sur cette nouvelle marque et son succès. C'est pour cela que s'est fait un travail en amont sur la redistribution des marges à chaque acteur de la filière. Marge du distributeur moins importante sur ce type de produit, mais marge tout de même. Simplement, elle plus raisonnable, plus "équitable". Une marge qui nous restera inconnue en vertu d'une loi française qui permet de ne pas la dévoiler, pour éviter les pressions et les atteintes à la concurrence.

Marc Delage est directeur de la catégorie lait du groupe Carrefour. Selon lui, le succès de cette nouvelle venue dans l'univers des marques dépendra non pas de la grande distribution, mais du consommateur.

Marc Delage, directeur des produits laitiers chez Carrefour

1 min

Vos réactions sur les réseaux sociaux ont été nombreuses. En voici quelques unes. Vous pouvez continuer à réagir sur notre page Facebook et sur Twitter

Des témoignages recueillis par Anne-Laure Chouin