Abdellah Taïa
Abdellah Taïa
Abdellah Taïa - ABDELHAK SENNA / AFP
Abdellah Taïa - ABDELHAK SENNA / AFP
Abdellah Taïa - ABDELHAK SENNA / AFP
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Résumé

L'écrivain et réalisateur marocain Abdellah Taïa est l'invité de Laure Adler. Il dévoile une partie de son enfance dans un quartier populaire de Salé au Maroc et raconte comment sa colère de jeune, pauvre et homosexuel s'est matérialisée dans l'écriture.

avec :

Abdellah Taïa (écrivain, réalisateur).

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Abdellah Taïa, au micro de Laure Adler, évoque son enfance, "la déchirure" qu'il ressentait entre lui et le monde. Très tôt il a ressenti que "le rôle qu'on était en train de construire pour [lui] était tout sauf accueillant et gentil". Il évoque son homosexualité et combien il a été vite montré du doigt et moqué y compris par sa famille : "J'ai compris qu'il fallait que je me tue moi-même". Il précise ce que fut alors son existence, faite de dissimulation et d'imposture : "Pour moi, presque, être homosexuel c'est être un grand menteur, plus grand menteur que les autres".

Sur son entrée dans la littérature, Abdellah Taïa confie, "je ne sais même pas comment j'ai fait pour survivre" à cette "tragédie sexuelle". Grâce à l'écriture justement, il raconte avoir voulu faire sortir "le cri impossible dans la vraie vie". Il affirme n'écrire ni "pour expliquer" et ni "pour briller" mais pour faire ressortir cette"violence".

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Non seulement j'ai compris qu'il fallait faire des études universitaires mais qu'il fallait apprendre la langue française. Parce que même si cette langue n'était pas pour les pauvres comme moi et que quand je prononçais quelques mots en français à l'époque de l’adolescence, les gens riaient de moi parce que ça faisait pauvre, j'ai compris que c'était la langue du pouvoir au Maroc, la langue de l'élite marocaine, la langue des intellectuels. Et donc ces mêmes gens qui nous méprisaient et qui nous rabaissaient à travers la langue française, il n'y avait pas d'autres chemins que d'apprendre leur langue et de la maîtriser mieux qu'eux, presque, d'une certaine façon.

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration