Agnès Varda au Festival de Cannes le 16 mai 2013.
Agnès Varda au Festival de Cannes le 16 mai 2013.
Agnès Varda au Festival de Cannes le 16 mai 2013. ©AFP - Alberto Pizzoli
Agnès Varda au Festival de Cannes le 16 mai 2013. ©AFP - Alberto Pizzoli
Agnès Varda au Festival de Cannes le 16 mai 2013. ©AFP - Alberto Pizzoli
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Résumé

Le 13 mai 2010, Agnès Varda recevra le grand prix des réalisateurs à Cannes donné par ses pairs pour son audace. Hors-champs a souhaité lui consacrer une semaine spéciale et lui a donné carte blanche.

avec :

Agnès Varda (Cinéaste, photographe et plasticienne (1928-2019)).

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Au micro de Laure Adler, dans ce "Hors-champs" spécial enregistré dans sa maison laboratoire rue Daguerre , Agnès Varda revient sur ses années de jeunesse. Elle raconte avoir "appris sur le tas", elle n'a "passé aucun examen". Elle rajoute, "je voulais apprendre et je n'aimais pas entrer dans ce qu'on appellerait un cursus universitaire, je n'aimais pas les étudiants d'ailleurs."

J'ai eu trois vies : une vie de photographe, une vie de cinéaste et maintenant une vie de ce qu'on appelle tristement artiste plasticienne, enfin disons, artiste. Artiste plasticienne, on a l'impression qu'on fabrique du plastique. [...] Je me sentais artiste cinéaste mais artiste tout court c'était le rêve de ma vie.

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Elle ne se sent pas du tout chef, elle "anime", elle "galvanise" sa petite maison de production. A 82 ans, elle parle de sa "tricherie" des cheveux bi-colores parce qu'elle ne se reconnaissait pas "toute blanche". Depuis sa jeunesse elle a toujours cherché à "ne pas faire comme tout le monde". Elle y voit plus "un esprit d'indépendance" que la volonté "de se faire remarquer".

On savait que je n'étais pas dans l'uniforme. Je ne peux pas dire que je suis la mode, et tout ça. J'essaye de penser aux choses quand les autres n'y pensent pas.

Sur les prix comme récompenses de fin de carrière, Agnès Varda est plutôt circonspecte, elle trouve ça "assez casse-pieds" : "J'empile les prix, plus tu es vieux, plus tu en reçois." Et elle rajoute sur les prix :

C'est quand même vanité des vanités, il faut que cet aspect-là de nos vies s'efface, c'est vain. Ça fait plaisir quand on est vivant mais c'est vain. C'est plus important d'essayer de faire des films que les gens retiennent ou qui s'inscrivent dans leurs petites banques de données de l’imaginaire. Au fond je réfléchissais, je me disais, c’est peut-être ambitieux ce que je dis : c'est pas tellement d'avoir du succès mais de faire des films inoubliables.

La cinéaste explique qu'être artiste permet de s'échapper du réel et que "c'est amusant d'être artiste". Surtout ce qui lui plaît dans ces "échappées" c'est qu'elles sont "partageables".

Hors-champs du 10/05/2010 avec Agnès Varda.

45 min

Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration