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Laure Adler s'entretient avec Akaji Maro , chorégraphe et danseur de butô

Akaji Maro
Akaji Maro
© Radio France - Corinne Amar

Enfant, Akaji Maro a le rêve lointain de faire du théâtre sur les planches de Tokyo. Aujourd’hui, il est l’une des grandes figures du butô et du théâtre d’avant-garde du Japon. Après la mort de son père à la guerre, et une mère qui a dû rentrer dans sa propre famille, le petit Akaji Maro part vivre chez sa grand-mère, puis chez son oncle et sa tante. « Je me suis senti exclu à cette époque. »

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Son objectif : une fois le lycée terminé, il veut partir vivre à Tokyo. *« Et c’est ce que j’ai fait. » * Le théâtre l’habite depuis toujours collégien, faire l’acteur est son objectif de vie. Il monte alors un club théâtre dans son collège, puis va même essayer de faire partie d’un groupe théâtral au niveau universitaire.

Il fait ses débuts professionnels sur la scène d’un cabaret, dans lequel il danse et fait même du strip-tease, le tout saupoudré de paillette d’or. Il s’imprègne d’une forme de burlesque que l’on retrouve encore aujourd’hui dans sa Planète des insectes : « Danser dans un cabaret, finalement, c’est du butô avant le butô. Petit à petit, je m’éveillais au butô. »

Quand il commence sa carrière, le théâtre japonais est encore très traditionnel et emprunt de codes qui ne lui conviennent pas. « Je me révoltais contre ce genre de théâtre, je voulais casser ses schémas traditionnels. » Il est alors influencé par le dadaïsme, et par des auteurs du théâtre de l’absurde comme Jarry, Ionesco ou Beckett. « J’ai voulu proposer des pièces avec un regard nouveau, une nouvelle interprétation de cet art. »

Aujourd’hui, Akaji Maro est une figure centrale du butô, cette « danse des ténèbres » née au Japon après la guerre. Ce qui l’intéresse dans cet art, c’est la place centrale qu’occupe le corps, sans que les mots soient nécessaires pour expliquer cette présence corporelle. « Tous les événements s’enchaînent comme une cérémonie. » Cette cérémonie se fonde aussi sur nos souvenirs oubliés ou enfouis, des souvenirs que nous avons abandonnés et que le butô permet de ramasser un à un.

Femme, homme, enfant, insecte, plante, Akaji Maro peut devenir ce qu’il veut, rien qu’avec ses gestes d’une grâce, d’une théâtralité et d’une précision incroyables. « Quand je danse, je ne suis personne, je suis entièrement vide… »

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration