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Philosophe et historienne, Alexandra Laignel-Lavastine s'intéresse beaucoup, depuis les années 1980, à l'histoire de l'Europe de l'Est, en se penchant sur des figures européennes admirées, comme Miłosz ou Patočka, ou sur la part plus sombre de l'histoire. Cette part sombre de notre société, elle l'étudie aujourd'hui dans "La Pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme".

Alexandra Laignel-Lavastine
Alexandra Laignel-Lavastine
© Radio France - Corinne Amar

Alexandra Laignel-Lavastine s’identifie elle-même comme « une enfant d’Europe » . Née à Paris, elle se sent européenne dans ses convictions depuis toujours. « Ce qui m’y a amenée, ce sont les dissidents de l’Est dans les années 80 » , ces penseurs qui « ont réfléchi sur l’héritage humaniste de l’Europe » . Elle est d’une génération biberonnée à la culture politique et à la philosophie, notamment via ces dissidents de l’Est.

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Mais, explique Alexandra Laignel-Lavastine, après la chute du Mur de Berlin, « au lieu de se tourner vers les pays de l’Est, nous avons raté la réunification de l’Europe. On ne s’est pas demandé ce que l’Est pouvait nous apporter pour penser notre identité européenne. »

Elle a commencé à s’intéresser à ces pays car une partie de sa famille est originaire de Russie. Mais aussi parce qu’il lui a semblé que la réflexion philosophique des penseurs est-européens des années 80 était beaucoup plus riche que celle de l’Europe de l’Ouest. « Or, ils ont été un peu vite balayés. Peu sont encore connus aujourd’hui en France du grand public. »

Penser l’Europe, voilà un des objets d’étude d’Alexandra Laignel-Lavastine. « Ce n’est pas avec une langue technocratique qu’on peut ré-enchanter cet idéal européen. Et il faut un idéal. » Elle explique que l’Europe est de plus en plus administrative et technocratique. « Ce qui fait que petit à petit, elle s’abîme, elle se saborde elle-même. Ce sont les idées qui mobilisent les peuples, pas les courbes et les chiffres... »

Aujourd’hui, Alexandra Laignel-Lavastine prend pour objet d’étude ce qu’elle appelle « les penchants suicidaires » de l’Europe, soit l’islamisme, le populisme et l’antisémitisme, et revient sur cette « pensée égarée » dans son dernier livre paru chez Grasset.

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration