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Il est l'un des plus grands danseurs et chorégraphes français contemporains. Plusieurs de ses ballets sont déjà devenus mythiques dont Le Parc , Blanche-Neige ou Empty Moves . Il revient aujourd'hui avec une nouvelle création sur un texte de Laurent Mauvignier, Retour à Berratham , une œuvre à la fois poignante et poétique. Angelin Preljocaj est notre invité ce soir.

Angelin Preljocaj
Angelin Preljocaj
© Radio France - Vincent Josse

Lorsqu’Angelin Preljocaj a commencé à pratiquer le judo, une des premières sensations qu’il a ressenties est celle de tomber. *« On apprend à ne pas refuser le sol, à l’intégrer dans son être. » * Et cela l’a ensuite poursuivi dans son travail. Par exemple, « dans mon solo du Funambule, sur un texte de Jean Genet, l’idée de tomber était omniprésente. »

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Il a aussi appris à décortiquer le geste, et surtout dans la lenteur. Grâce à une bourse, il part étudier le théâtre Nô au Japon. *« C’était un apprentissage de la lenteur absolument inouï. Tous les déplacements sont glissés sur le sol avec une lenteur et une résistance à l’air impressionnantes. » * Cette expérience le bouleverse : « on apprend comment l’air peut apporter une qualité de mouvement, et donner, avec le mouvement, différentes matérialités à l’air. »

Plus qu’un simple travail chorégraphique, sa danse à lui est associée à une réflexion philosophique. « Le corps pour moi est un temple, quelque chose d’assez inouï, c’est presque un lieu religieux, contrairement à ce qu’on pourrait croire. » Angelin Preljocaj explique que le corps a une intelligence incroyable : « La douleur est un signal d’alarme par exemple, c’est le corps qui nous parle. Le corps me porte et me nourrit mon inspiration artistique, c’est de lui que je tire ma source d’écriture. »

Son corps à lui, il le fait danser tous les jours. « Qu’un jour où on n’a pas dansé soit considéré comme un jour perdu, disait Nietzsche. » Dès le réveil, il réfléchit déjà aux mouvements qu’il pourrait développer.* « Je cherche en moi les mouvements que je vais donner à voir et que je vais partager avec les danseurs. »*

Dans son travail avec les danseurs, Angelin Preljocaj raconte que l’aléatoire arrive souvent au moment des répétitions. « Je donne des indications très vagues pour que ce ne soit pas trop signifié. Quand je demande des improvisations et des recherches corporelles, les danseurs me renvoient une image que je n’attendais pas, et c’est cela qui m’intéressera au final. »

Cette année, Angelin Preljocaj présente sa toute nouvelle création danse/théâtre, Retour à Berratham , sur un texte de Laurent Mauvignier. Avec ce ballet, le célèbre danseur ne voulait pas faire un énième ballet, un ballet qui ressemble à l’autre. Il avait la volonté de faire quelque chose qu’il ne savait pas faire. « C’est pourquoi je m’attèle à des projets plus hybrides, qui me forcent, qui me décalent de moi-même, c’est ça qui m’intéresse. » Et de conclure : « Je m’attèle toujours à des projets qui me dépassent, disait Dostoïevski. La danse m’apprend le monde, c’est pour cela que je l’aime autant et que je ne la quitterai jamais… »

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration