Charles Palant : "Si l’on pense qu’on va vers la mort, on est déjà mort" : épisode 4/5 du podcast Camps de concentration : paroles d'anciens déportés

Charles Palant
Charles Palant ©Radio France
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Syndiqué alors qu’il n’a que 14 ans, Charles Palant a lutté dans la Résistance avant d’être arrêté par la Gestapo à Lyon et déporté au camp d’Auschwitz avec sa famille, mais "il faut combattre et survivre" témoigne-t-il.

Les parents de Charles Palant arrivent en France au début des années 1920 dans le quartier de Belleville à Paris dans lequel "on pouvait se balader en parlant le yiddish, dans le métro, on pouvait lire un journal en caractères hébraïques sans se faire bousculer, la France était le pays de tous les bonheurs espérés" se rappelle-t-il. 

Alors qu'il était promis à une carrière d’avocat, Charles Palant devient maroquinier en 1935 après avoir acquis son certificat d’étude et passé quelques mois aux cours complémentaires. Lors de l’explosion du Front populaire l’année suivante, il est gréviste dans l’atelier qui l’embauche et devient le délégué syndical de l’entreprise à seulement 14 ans, "j’ai baigné très jeune dans une militance" raconte-t-il. 

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Sa mère échappe à la rafle du Vel d’Hiv le 16 juillet 1942, Charles Palant - alors installé à Lyon comme maroquinier - trouve un réseau de passeurs, qui envoie des militants récupérer sa mère à Paris ; "ma mère est venue habiter avec moi, avec ma jeune sœur et mon jeune frère qui comme moi travaillait dans la maroquinerie à Lyon". 

En août 1943, des familles juives dont celle de Charles Palant sont dénoncées par un trio de miliciens lyonnais. La Gestapo les enferme au fort de Montluc puis à Drancy avant d’être déportés à Auschwitz, "nous savions que nous allions à Drancy […] et de là vers l’Allemagne. […] Si l’on pense qu’on va vers la mort on est déjà mort, on ne pense jamais qu’on va vers la mort […]. On allait vers des temps difficiles, mais c’était pas possible d’imaginer ce qui nous attendait. Je dirais même que ce n’était pas possible de le croire quand on a commencé à la vivre. […] Comment le croire ?" 

L'Invité(e) des Matins
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