Christian Jambet
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Christian Jambet - Samuel BERNARD
Christian Jambet - Samuel BERNARD
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Résumé

Le philosophe orientaliste, islamologue, Christian Jambet s’entretient avec Laure Adler. Il évoque son parcours et son travail dans lequel il réhabilite les grands penseurs de l’Islam.

avec :

Christian Jambet (directeur d'études à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, à la chaire "Philosophie en islam".).

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Lorsqu’il entre à l’université, Christian Jambet s’engage auprès de la Gauche prolétarienne, « c’est le point d’origine politique ». Un engagement « de l’âge où la politique était révolutionnaire et occupait l’horizon en tant que conception politique du monde ». Depuis, les choses ont changé, c’est d’ailleurs ce que le philosophe analyse dans un de ses premiers ouvrages, L’Ange : ontologie de la révolution avec Guy Lardreau (ed. Grasset, 1976): « Aujourd’hui, ça s’est déplacé sur le front religieux. (…) Avec Guy Lardreau, (…) on avait ce projet d’une ontologie de la révolution c’est-à-dire de l’examen de ce qu’il en était de l’être de la révolution ». Pour lui, la révolution a changé de sens depuis qu’on « y a accouplé l’adjectif islamiste».

La vocation de départ de Christian Jambet «c’était les lettres. J’aimais les langues, j’aimais les lettres, la littérature. (…) Je n’avais que mépris pour ce qui n’était que spéculation pure. (…) Mais la philosophie est apparue, comme pour toute une génération, comme le lieu par excellence de la recherche de la vérité, et mieux encore de la prétention à l’avoir trouvée». Il se souvient d’un de ses maîtres à penser, Louis Athusser. De cet auteur, ressort un certain ésotérisme, « une œuvre rare, peu de textes, un enseignement mystérieux, sauf pour ceux qui pouvaient le rencontrer, en être les disciples les plus proches. ». Il se rappelle aussi Michel Foucault et « d’autres figures qui exprimaient un certain rapport entre art, littérature, émancipation, philosophie et politique».

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Il rappelle son intérêt pour la science des religions, puis pour l’islam. « Le monde de l’Islam a été identifié à la pire des religions, une religion à la fois fondée sur un principe monarchique, une domination politique intégrale du discours religieux et stagnation intellectuelle depuis le treizième siècle. Je résume les chefs d’accusations. (…) Du coup, on a la plus grande suspicion pour ce qu’il y a de musulman chez les auteurs de l’Islam. Pour ça je suis très content que ma chaire s’appelle philosophie en Islam. Ça présuppose qu’il y a de la philosophie en terre d’Islam, c’est-à-dire que ces gens pensent et ont eu de très grands penseurs (…) jusqu’à aujourd’hui»…

Archives sons:

- Alain Corbin, 3 novembre 2003, au micro Bernard Latour.

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration