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Historien et directeur d'études à l'EHESS, vous pouvez aussi l'entendre régulièrement sur les ondes de France Culture, et notamment à La Grande Table . Spécialiste de l'histoire politique et sociale des 19e et 20 siècles, de l'histoire de la gauche, et des intellectuels, Christophe Prochasson nous parle de son parcours, ses publications, et ses sujets de prédilection.

Christophe Prochasson
Christophe Prochasson
© Radio France - Corinne Amar

Christophe Prochasson se souvient des voix qui l’ont influencé dans son amour pour l’histoire et pour la pensée en générale : « Ma professeure de philosophie de ma classe de terminale, ex-femme d’un des leaders de la CGT, m’a énormément marqué. » Les voix qui l’ont inspirées sont surtout des voix de femmes, « des femmes fortes, jamais là où on les attend. »

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Il est aujourd’hui un spécialiste de l’histoire des idées, ainsi que de l’histoire de la gauche et du socialisme. « Je continue de croire que les idées mènent le monde. Il faut se battre pour des idées et si on y renonçait, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue. » Les personnages auxquels il s’est intéressé sont des esprits libres, explique l’historien. « Ce qui me frappe c’est que les plus grands esprits qui m’ont attiré sont des gens qui ont cherché à penser là où ça fait mal, parfois contre eux-mêmes, ce ne sont pas des esprits dogmatiques. » Il prend l’exemple d’une des grandes figures du socialisme : Jean Jaurès. « Il ne faut pas transformer Jaurès en statue, en stock de citations, mais en un personnage en mouvement, dans son temps. Il nous a appris qu’il faut toujours questionner. »

Notre socle politique et intellectuel est encore au 19e siècle, poursuit Christophe Prochasson. On garde encore Jaurès comme référence au sein de la gauche. « Sans balayer ces références, il faut trouver une autre dynamique intellectuelle. Je pense que les idées politiques ont encore un rôle à jouer, mais tout est à réinventer dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. »

Christophe Prochasson a d’ailleurs réfléchi sur la notion de République et son histoire. « Je crois que la République est le seul terrain commun que nous ayons, le seul mot que nous arrivons à conserver dans notre vie politique. » Mais derrière ce mot, il faut mettre des idées, estime l’historien. Derrière « République » nous mettons des choses bien différentes aujourd’hui, c’est une difficulté du maniement de ce mot en réalité. « L’une des tâches de la gauche est de redonner un sens à ce mot. Mais toute l’histoire de la République est ainsi faite : on y a met des sens différents et elle est toujours un projet en devenir. Nous devons rebâtir un projet républicain. C’est un vrai travail d’idées… »

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Extraits sonores :

  • Pierre Mendès France lors de la campagne présidentielle de 1969, extrait d’Inter actualités , 27 mai 1969, France Inter
  • Charles de Gaulle lors la campagne pour le référendum constitutionnel de 1958, extrait d’un discours enregistré le 4 septembre 1958 pour la Radiodiffusion-télévision française (RTF)
  • Pierre Bourdieu dans A voix nue de Roger Chartier, 1er février 1988, France Culture
Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration