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Laure Adler s'entretient avec Francis Wolff , philosophe

Francis Wolff
Francis Wolff
© Radio France - Corinne Amar

Francis Wolff ne s’interdit de philosophie sur aucun sujet : d’Aristote à la corrida en passant par la musique, tout peut être soumis au questionnement du philosophe. Pourtant, le professeur à l’Ecole Normale Supérieure est avant tout un féru d'Aristote et de philosophie antique notamment Lucrèce ou Socrate.

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Ce n’est que plus tard qu’il fait la connaissance d’Aristote : « Je n’avais jamais eu de cours sur Aristote dans ma vie. » En poste à l’université de São Paulo, au Brésil, c’est en initiant ses étudiants à cet auteur réputé difficile qu’il apprend à la connaître et à s’intéresser à sa façon de poser des questions : « Aristote veut conceptualiser, argumenter, construire. »

Pour expliquer ce que doit être la philosophie, Francis Wolff la compare à un castrat : *« les castrats conservaient une voix d’enfant et la travaillaient avec des techniques d’adulte. C’est la même chose pour le travail philosophique qui consiste à conserver nos questions d’enfant et les conceptualiser avec des arguments d’adulte. » * Et c’est cela même qu’il trouve chez Aristote. Pour lui, le propre de la philosophie est de philosopher sur ce qui n’est pas philosophique.

Dans son dernier ouvrage Pourquoi la musique ? , Francis Wolff devient aussi un véritable penseur de la chose musicale, et pose la question simple mais fondamentale : y a-t-il quelque chose de l’ordre du besoin de musique pour l’être humain ? « J’essaye de retrouver les questions les plus fondamentales derrière des choses apparemment superficielles, comme le fait d’écouter de la musique par exemple. »

Ainsi, nous nous émerveillons devant des peintures rupestres et l’art préhistorique mais savons souvent moins que les hommes des cavernes étaient probablement déjà musiciens aussi ; on a retrouvé ce qui semble être des flûtes fabriquées avec de l’os d’ours... « Le besoin de musique, on le retrouve partout. » Même l’enfant tape avec une cuillère sur son assiette pour faire rythme. « Dans la plupart des musiques, il y a quelque chose qui se dit, même si cela ne se dit pas avec des mots... »

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration