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*Philosophe, Geneviève Fraisse est l'auteure, entre autres, de La Controverse des sexes (PUF, 2001), Le Privilège de Simone de Beauvoir * (Actes Sud, 2008) ou encore Les Excès du genre : concept, image, nudité (Lignes, 2014). Ce soir, dans Hors-Champs, retour sur son parcours et sur les problématiques qui sont au cœur de ses recherches.

Geneviève Fraisse
Geneviève Fraisse
© Radio France - Corinne Amar

Le portrait de Geneviève Fraisse commence par l’image de ses parents, tous deux intellectuels reconnus. Son père : Paul Fraisse, psychologue connu pour son travail sur la perception du temps. Sa mère : Simone Fraisse, historienne de la littérature et spécialiste de Péguy. La famille habite une communauté du sud parisien où vit aussi Paul Ricœur, une figure importante dans le parcours de Geneviève Fraisse : « Ce qui m’a touchée chez Ricœur, c’est qu’il est celui qui donne à voir ce qu’on ne voit pas tout de suite. »

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En 1968, lors des manifestations étudiantes du mois de mai, Geneviève Fraisse est en première année de philosophie à la Sorbonne « Sans savoir que cela allait m’arriver, j’ai eu l’impression que j’en avais besoin » , confie-t-elle. Elle connaît aussi les mouvements allemands lorsqu’elle part à Berlin pour sa maîtrise. Ces événements l’ont profondément influencée : « Ce qui était important, c’est comment restituer la profondeur de ces actes. »

Après ses études, elle décide de « trouver des gens qui pensent par eux-mêmes. J’en avais marre de la préparation des concours. » Elle rencontre notamment Roland Barthes, et très vite Jacques Rancière. *« J’ai compris qu’il y avait une forme d’écho avec lui. Nous avons commencé des recherches. » * Ils fondent ensemble *Les Révoltes logiques * en 1975.

En 1983, Geneviève Fraisse entre au CNRS « à ma plus grande joie » . Elle décide d’écrire un livre sur Clémence Royer, philosophe et femme de sciences, traductrice de Charles Darwin. « Elle s’emparait de la philosophie comme une autodidacte. Moi, j’arrivais 120 ans plus tard, avec la possibilité toute ma vie d’être payée pour faire des recherches. Je voulais rendre hommage à celle qui n’avait pas eu cette possibilité. Au 20e siècle, l’accès au savoir pour les femmes a marqué une véritable rupture. »

Dans son travail de philosophe, Geneviève Fraisse se demande comment trouver les mots, comment trouver les concepts, « surtout à partir du moment où je me suis intéressée à la parole féministe. » Cette parole, elle voulait lui donner un discours autre que ce qui lui est d’habitude attribué: « l’hystérie d’un côté, l’opinion de l’autre. J’ai fait le pari qu’il y avait là un objet de pensée, peut-être un concept dans la politique de l’égalité des sexes, un véritable enjeu… »

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Extraits sonores :

  • Simone Fraisse dans Les Chemins de la connaissance de Robert Ytier, 6 mai 1980, France Culture
  • Paul Ricoeur dans Le Bon Plaisir , 9 mars 1985, France Culture
  • Jacques Rancière dans* Agora* de Gilles Lapouge, 15 mai 1981, France Culture
  • Judith Butler dans La Suite dans les idées de Sylvain Bourmeau, 25 mai 2005, France Culture
Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration