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"Hagar est assez belle.

Assez pour moi.

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Assez pour moi.

Une pluie d'or tombe sur sa maison.

Véritable soleil de Dieu."

Nadav Lapid, L'Institutrice , Blaq Out, 2015

Laure Adler s'entretient avec Nadav Lapid , cinéaste

Nadav Lapid
Nadav Lapid

*« J’ai été attiré par cette infinie possibilité de couleurs qu’offre le cinéma. » * Pour Nadav Lapid, l’un des grands avantages du cinéma, c’est que l’on n’est pas obligé d’avoir toujours raison, qu’on peut même être du côté de ceux qui ont tort. « Le cinéma, l’art et la littérature permettent de prendre toutes les positions en même temps. »

D’ailleurs, la caméra de Nadav Lapid adopte toutes les positions : elle peut être portée à distance, invisible, sans conscience de ce qu’elle montre. « La caméra est juste posée là. » Si les comédiens veulent nous approcher, ce sont eux qui doivent provoquer le gros plan. La caméra peut aussi être ultra subjective, comme par exemple au début de L’Institutrice , quand on voit un homme qui regarde la télévision et qui, en se levant, donne un coup dans la caméra :* « La caméra ne peut plus rester muette, elle tremble. »*

Cette caméra filme des visages énigmatiques ce genre de visages fascine Lapid : « vous pouvez les regarder encore et encore, vous ne serez pas capables de deviner ce qui se passe dans leur tête. » Entre cette institutrice et le petit Yoav, il y a un secret qu’on ne parvient pas à déchiffrer : plus on les regarde, plus le mystère s’approfondit. « On veut toujours savoir pourquoi untel fait ça ou dit ça. Moi je trouve qu’il y a le contraire ici. C’est le mélange entre un sentiment d’une grande proximité et une incompréhension de leurs comportements. »

Nadav Lapid nous faire ressentir de l’empathie pour ses personnages, même s’ils ne sont pas toujours sympathiques. Ce qui l’intéresse, c’est le mélange entre les intentions des personnages et les personnages eux-mêmes. « Soutenir les actes d’un personnage ne m’intéresse pas. Mais s’approcher au plus près jusqu’à sentir son haleine, c’est ça le plus intéressant. »

Ce que l’on ressent en tout cas, c’est bien la force des mots du petit garçon de L’Institutrice , poète prodige, génie des vers. Un portrait en miroir pour Nadav Lapid qui, entre l’âge de quatre et sept ans, avait l’habitude de déclamer des poèmes en faisant les cent pas, des textes sur l’amour impossible, sur une vie désenchantée, sur la mort. Sa nourrice, comédienne comme dans le film, transcrivait ces poèmes et plus de cent quinze textes se sont accumulés dans un tiroir : « Un de mes premiers souvenirs fut ma décision d’arrêter de faire de la poésie, vers six ans et demi. J’ai compris qu’être un poète était une position de faiblesse pour un jeune homme israélien. » Au bout de trente ans, il ouvre le tiroir, relit les poèmes. « C’est là, la naissance de ce film… »

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration