James Thierrée en 2010.
James Thierrée en 2010. ©AFP - FRANCOIS LO PRESTI
James Thierrée en 2010. ©AFP - FRANCOIS LO PRESTI
James Thierrée en 2010. ©AFP - FRANCOIS LO PRESTI
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Tombé dans le cirque à l’âge de 4 ans, avec ses parents, Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thiérrée, James Thierrée a fonde la Compagnie du Hanneton, en 1998. Naturellement, il y mêle théâtre, acrobatie, danse, musique. Il évoque son parcours avec Laure Adler.

Certains d'entre nous ont rêvé, quand ils étaient enfants, de pouvoir vivre dans une caravane, d'aller de cirque, de pouvoir s'endormir avec les animaux, rester sur des gradins à regarder les exercices des trapézistes... C'est à peu près l'enfance vécue par James Thierrée, acteur, danseur et metteur en scène. Au micro de Laure Adler, l'artiste suisse revenait sur son parcours, de son amour de la scène et les dessous de ses œuvres-phares.

James Thierrée est l'un des petits-enfants de Charlie Chaplin. Il baigne dans le monde du cirque dès l’âge de quatre ans en compagnie de ses parents : Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée, créateurs du Cirque Bonjour. Tout jeune, il participe aux spectacles Le Cirque imaginaire puis Le Cirque invisible en y présentant entre autres des numéros d'acrobaties au sol, de trapèze et de bicyclette acrobatique : "J'ai 39 ans et je peux déjà dire que j'ai 35 ans de métier", s'amuse-t-il.

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James Thierrée, que ses parents surnomment "le hanneton" (nom qu'il donnera à sa compagnie et à son premier spectacle, La Symphonie du hanneton) apprend aussi la danse et le violon, et s'initie à la magie et au mime.

J'ai été assez régulièrement à l'école. Et puis ensuite, il y a eu une période où j'y allais, j'y allais plus, et puis finalement, moi, je préférais apprendre des choses telles choses que le violon, le trapèze, acrobatie. N'importe quoi. J'étais une sorte de dévoreurs comme ça, petit garçon qui avait envie de jouer et qui, naturellement, part en voyant son père et sa mère. Vous voyez que jouer, c'était aussi le travail et avec un peu de rigueur, on pouvait un peu mélanger tout ça et jouer, travailler et persévérer et progresser.

"Mon père m'appelait "le hanneton". Parce que le matin, je me précipitais dans le couloir et je crachaie, je me m'écrasais contre leur lit. Chaque matin, ils entendaient le bruit des pas comme ça. Bang, bang, bang, clac ! Et les hannetons, ce sont ces insectes un peu maladroits qui se prennent dans les cheveux, qu'on ne voit plus beaucoup, d'ailleurs, ils sont en voie de disparition. C'était le petit nom. Et puis, ça m'est venu naturellement d'appeler mon bateau le hanneton, la compagnie du Hanneton, le nom de la compagnie. Et le nom du premier spectacle, La Symphonie du hanneton."

Dans ses premiers spectacles, on retrouve l'inspiration artistique familiale. 

Etant le fruit d'un carrefour d'influences artistiques, mes parents ont créé ce cirque, le cirque bonjour, mais ne venaient pas du cirque. Mon père était venait du théâtre, ma mère formation de danse. Ils se lancent dans ce qui n'est pas encore le nouveau cirque à l'époque. En 1971 ans, on est quand même loin de tout ce qui a ensuite suivi. Et puis ils lancent cette chose-là, le cirque bonjour, qui était ni traditionnel, mais avec des groupes de rock qui jouaient avec des numéros un peu particuliers. Et puis, ça évolue. C'est mon point de départ et j'ai l'impression de revenir aux sources. Je me dirige de plus en plus vers le théâtre. En tout cas, avec le sens large et accueillant du terme théâtre. Peut être un peu moins du côté de l'exploit et un peu plus du côté d'un langage théâtral qui ne passe pas absolument par le Cirque. Ça, c'est l'aventure de mes parents. 

James Thierée raconte comment ses figures aériennes ont évolué au fil de ses spectacles. 

"Au début dans la Symphonie, il y avait ce numéro de trapèze et qu'est ce que je m'emmerdais à travailler mes figures et les vrilles et les chutes par les chevilles... Et puis, bon, à la fin, c'était clap, clap, clap, ce n'était pas le moment le plus fort du spectacle. Deuxième spectacle, Je fais un vol, fils qui me prend par le dos et un type en coulisses qui se jette d'une échelle contre-bois, et moi qui shoote et qui vole. Et là, les gens étaient délirants. Là, j'ai commencé à comprendre qu'en fait, c'est le sentiment de voler était beaucoup plus qui intéressait le public. Le sentiment auquel on rêve tous, plutôt que je sais faire des choses et regarder comme comme je suis talentueux, ça intéresse un moment, mais ce qui intéresse les gens, c'est ce qui est proche de leur secret."

James Thierrée
James Thierrée
© Radio France