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Laure Adler s'entretient avec Julia Deck , écrivaine
**Jeune auteure de deux romans, Julia Deck livre au micro de ** Hors-Champs sa fascination pour les livres et analyse sa démarche d’écriture. **

Julia Deck
Julia Deck
© Radio France - Corinne Amar

Pour devenir écrivain, Julia Deck est passée par la méthode « essai-erreur » . Elle a plusieurs fois essayé de commencer des romans, sans jamais parvenir à dépasser une dizaine de pages. Et puis, un jour, ça marche. Si l’écriture est venue petit à petit, elle a néanmoins une fascination ancienne pour les livres. Son père fabriquait des livres d’artistes. « J’ai eu une fascination de l’objet-livre. Je pense que j’ai eu envie de faire des livres avant d’écrire. »

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Enfant, elle dévore les Agatha Christie et la bibliothèque rose. Adolescente, elle se plonge à corps perdu dans les classiques de la littérature, très vite et avec beaucoup de facilité. Cette fascination pour les grands auteurs classiques, de Madame de Lafayette et sa Princesse de Clèves à Gustave Flaubert et Madame Bovary , l’impressionne au point de la bloquer dans sa proche démarche d’écriture : « Au début, plus je voulais écrire, moins j’y arrivais. Quand on part avec des modèles si imposants, on ne peut rien faire. » C’est vers 25 ans qu’elle découvre alors les auteurs contemporains.

Dans son œuvre, Julia Deck s’interroge sur la place de la parole dans l’écriture. « Les dialogues sont une chose fascinante à écrire. » C’est à la fois ce qui semble le plus simple et ce qui est en fait le plus difficile à écrire, car « reproduire cette impression de naturel sans tomber dans la banalité ou le cliché, c’est très dur mais c’est délicieux à faire. »

Au cœur de l’écriture de Julia Deck, il y a l’indécidabilité, cette incapacité des personnages à faire des choix. « On se donne l’impression de maîtriser les choses en choisissant ses personnages et en décidant d’une trame narrative alors que la réalité, c’est le doute permanent. » Elle aime montrer ses personnages à cet instant précis où ils ne savent pas ce qu’ils doivent faire ou choisir, « peut-être parce que je ne sais pas moi-même ce que je vais leur faire faire. » Par contre, elle s’interdit de faire de l’introspection psychologique, préférant une approche « comportementale ou sensorielle plutôt que de rationaliser un flux de pensées qui n’est pas rationalisable. »

Pour Julia Deck, un roman, c’est une façon pour l’auteur et le lecteur de se mettre à la place de quelqu’un qu’on ne sera jamais, de faire des choses qu’on ne ferait pas dans la vie réelle, et *« c’est pour cela que le roman est excitant… » *

Les romans de Julia Deck, Le Triangle d'hiver et Viviane Elisabeth Fauville sont publiés aux éditions de Minuit (2014).

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration