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Pour poursuivre cette semaine spéciale autour de la musique, restons en compagnie du philosophe et musicologue Peter Szendy, rejoint aujourd'hui par Grand Corps Malade, auteur-interprète et slameur. Ils reviendront ensemble sur ce genre qu'est le slam, sur les mots et leur importance dans notre écoute et sur la notion d’engagement dans la musique.

Une musique, une bande-son... Le disque vinyl revient à la mode
Une musique, une bande-son... Le disque vinyl revient à la mode
- Zdeněk Tobiáš

« La bande-son de la vie , explique Peter Szendy, c’est notre mémoire musicale en mouvement qu’on ne cesse de distribuer pour ponctuer les instants de notre quotidien. » Nous avons tous des morceaux qui rythment notre vie, qui nous accompagnent. Pour Grand Corps Malade, la bande-son de sa vie est constituée par toutes ces chansons qui ont nourri son enfance, avec lesquelles il a grandi et qui l’ont beaucoup influencé par la suite : « Brel, Brassens ou encore Barbara. J’ai aussi écouté beaucoup de rap français dès l’âge de douze ou treize ans. Dans toutes ces musiques, ce sont vraiment les mots qui m’ont marqué, le texte. »

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C’est riche de toutes ces influences que l’artiste compose aujourd’hui un slam empreint de poésie et d'invention. Le texte est primordial pour Grand Corps Malade qui nous rappelle que le slam se pratiquait a capella au début. « A capella, il y a l’art du silence. On fait respirer le mot qui résonne dans l’esprit de chacun. Quand il y a la musique, il faut aussi essayer de retrouver cette respiration. »

Peter Szendy et Grand Corps Malade
Peter Szendy et Grand Corps Malade
© Radio France - Corinne Amar

La musique, art du silence ? Peter Szendy approuve : *« S’il y a de la musique, c’est parce qu’il y a du silence. Le silence ponctue la musique. » * Ainsi, lors de nos moments d’écoute intense, ce désir de garder un petit fragment, sorte de trésor d’auditeur, est un moment de surdité. *« Le moment que je retiens, c’est le moment où je ne me laisse plus porter par le flot musical. » * Ecouter de la musique, c’est donc aussi le désir de se dire « il me restera ça » pour reprendre le titre de l’album de Grand Corps Malade.

Le slam est aussi synonyme de grande liberté poétique, de liberté d’invention. Est-ce un genre ? *« C’est avant tout une constellation de singularités qui inventent. Il y a comme trait commun au moins cette immense invention verbale et cette liberté de parole » * explique Peter Szendy. Le mot « slam » est à l’origine une onomatopée, utilisée quand un personnage de BD reçoit une claque. « Dans son nom, on inclut cette notion de choc des paroles , poursuit le musicologue. Dans le ryhtme même de l’élocution, il y a quelque chose qui vise à imprimer chez l’auditeur. »

C’est Marc Smith qui a inventé ce mot, "slam", dans les années 80, nous apprend Grand Corps Malade. « Il y a l’idée que le mot a son importance, qu’il résonne, d’autant que le slam, pratiqué a capella, résonnait ainsi d’autant plus. » Mais il est difficile de généraliser ce « genre » musical. « Le slam est un moment de liberté d’expression où chacun peut prendre la parole et transmettre ses propres mots. » Et susciter quelque chose chez l’auditeur. Ce travail linguistique et poétique, voilà le cœur de l’art de Grand Corps Malade.* « J’aime les mots, ils sont mon quotidien. J’aime cette matière. On peut faire tellement de choses avec la langue française. Car les mots sont des traces… »*

Extraits sonores :

  • "L’heure des poètes", paroles de Grand Corps Malade, musique d’Angelo Foley & Babx, interprété par Grand Corps Malade, extrait de l’album Il nous restera ça , Sony, 2015
  • Juliette Greco dans* Hors-Champs* de Laure Adler, 1er janvier 2009, France Culture
  • "Aux armes et caetera", chanson composée et interprétée par Serge Gainsbourg, extraite de l’album Aux armes et caetera , Philips Universal, 1979
  • "I will survive", chanson écrite par Freddie Perren et Dino Fekaris, interprétée par Gloria Gaynor, extraite de l'album Love Tracks , Polydor, 1978
  • "Vertige de l'amour", chanson écrite par Boris Bergman, composée et interprétée par Alain Bashung, extraite de l'album* Pizza* , Philips, 1981
  • "Banale Song", Alain Souchon, extrait de l'album *Collection 1974-1983 * (Vogue, 2001)

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Un peu de musique ? "Pocahontas" est extrait de l'album de Grand Corps Malade* Il nous restera ça* , paru chez Believe en 2015.

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Hors-Champs - LA MUSICA
#1 : Peter Szendy

#2 : Peter Szendy et Grand Corps Malade

#3 : Vincent Delecroix et Agnès Gayraud (alias La Féline)

#4 : Francis Wolff

#5 : Francis Wolff et Bertrand Chamayou

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration