Marie Ndiaye
Marie Ndiaye
Marie Ndiaye - Samuel Bernard Blatchley
Marie Ndiaye - Samuel Bernard Blatchley
Marie Ndiaye - Samuel Bernard Blatchley
Publicité
Résumé

Romancière, nouvelliste également dramaturge, Marie N’Diaye est une écrivaine dont l’œuvre appartient désormais à la littérature française. L’auteur de « Rosie Carpe » et de « Trois femmes puissantes » s’entretient avec Laure Adler pour évoquer son parcours.

En savoir plus

Laure Adler lit un extrait de « La sorcière », livre que Marie N’Diaye a publié en 1996. Dans cet extrait, l’écriture semble s’élaborer autour de phrases complexes ; comme une énigme, un défi adressé au lecteur. Marie N’Diaye répond : « depuis quelques années déjà, je travaille différemment. (…) J’éprouve moins l’envie  de montrer qu’être à la hauteur d’un texte c’est être en mesure de s’affronter à de telles phrases. »

Mais d’où lui vient la richesse de son langage ? « Elle me vient de mes lectures, de mes lectures classiques surtout ; puisque adolescente j’ai énormément lu –ce qui est toujours le cas–, mais j’ai lu surtout les auteurs qui m’ont appris à écrire, qui m’ont appris la langue ». Un apprentissage très précoce, puisque déjà à l'âge de  17 ans, Marie N'Diaye publie son premier livre: « Oui, j’étais en terminale, (…) mais j’écrivais depuis plus longtemps. (…) Ça a commencé dans l’enfance aux alentours de dix ans. J’étais une grande lectrice et j’ai eu tout simplement envie de créer moi aussi ce qui me procurait tant de joie. »

Publicité

Enfant, elle garde dans le secret sa pratique de l’écriture : « Je ne montrais rien à personne. Je tâchais aussi de faire en sorte que personne ne soit au courant que j’écrivais, je trouvais que c’était un petit peu ridicule de dire qu’on écrivait tant qu’on n’avait rien de valable à montrer… »

Dans ses ouvrages, Marie N’Diaye créé une nouvelle forme d’écriture et, à travers son œuvre, s’est élaboré un univers esthétique teinté d’existentialisme et de matérialisme : « J’ai toujours été une grande lectrice de romans américains du XX e siècle. Je crois que ce qui m’a séduite dans cette forme d’écriture, c’est la manière d’empoigner le réel avec vaillance, avec courage et, en même temps, une sorte de saine crédulité en la capacité qu’on a de le faire sans arrière-pensée, ni crainte, de ne pas faire assez beau, assez intelligent. De ne pas faire assez grand en fait. ( …) j’ai toujours aimé qu’on puisse s’emparer assez trivialement de tout ce qui nous entoure et que l’on fasse de cette matière vulgaire, un objet qui, lui, soit beau… »

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration