France Culture
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**Laure Adler s'entretient avec Martial Raysse , peinture, sculpteur et réalisateur **
Le motif de l’atelier est récurrent dans ses toiles : « Toute mon œuvre est marquée par mon environnement on est influencé par ce qui nous entoure et c’est susceptible de ressortir sur les images qu’on produit. »

Il évoque les couleurs toujours très vives de ses tableaux : « Beaucoup de gens sont dépaysés par les couleurs que j’utilise aujourd’hui. C’est en pratiquant la couleur que je suis arrivé à la ‘sur-couleur’. La maxime de la peinture, c’est de faire de la lumière avec de la matière. »

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Selon lui, « l’art contemporain, ce n’est qu’une doxa, une rhétorique. » Et de constater que la peinture figurative a du mal à se faire une place au sein des galeries françaises : « Il y a de bons peintres figuratifs mais ils ne sont pas très connus. Beaucoup de jeunes gens, notamment des femmes, ont du mal à s’en sortir, surtout quand ils font de la peinture figurative. »

Il revient sur ses premières œuvres : « Pour la série * Coco Mato, je n’avais pas de papier, je ne pouvais pas m’acheter de la toile, je travaillais sur des papiers journaux ou des papiers de mauvaise qualité. J’étais vraiment très pauvre. »* Ces premières œuvres étaient exclues du marché de l’art. « C’étaient des objets avec les moyens du bord, très humbles, qui témoignaient de la poésie mystérieuse des rapports humains dans une société à part. »

Il pense qu’un peintre ne devrait pas parler de sa peinture : « Je n’aime pas traduire mes tableaux, je n’aime pas en parler non plus, car je trouve que le peintre fait sous-titre à son tableau. C’est le principe même de notre époque, on connaît tout des peintres. J’aurais aimé être comme être les peintres anciens dont on ne connaît rien... »

"Martial Raysse" au Palazzo Grassi à Venise, jusqu'au 30 novembre 2015