Michael Lonsdale le 18 septembre 2012. ©AFP - Joël Saget
Michael Lonsdale le 18 septembre 2012. ©AFP - Joël Saget
Michael Lonsdale le 18 septembre 2012. ©AFP - Joël Saget
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Résumé

Premier entretien d'une semaine spéciale de "Hors-champs" consacrée à Michael Lonsdale qui revient sur son parcours théâtral, cinématographique et spirituel.

avec :

Michael Lonsdale.

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Dans ce premier volet d'une semaine de "Hors-champs" avec Michael Lonsdale, il est question de la voix et de sa voix en particulier qu'il a appris à développer. "Elle est venue très lentement" reconnaît-il, sur les conseils de sa professeure de théâtre Tania Balachova qui lui reprochait qu'on ne l'entendait pas assez. Il a appris avec elle à "hurler" et ça lui a servi pour après.

Ça vient du tréfonds de soi, la voix, c'est quelque chose qu'on ne peut pas trop cacher, dissimuler. La voix est révélatrice complètement de tout ce que vous êtes.

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Il raconte ensuite son enfance à Jersey, où ses parents ont dû s'exiler sous la contrainte paternelle, car il est né d'une union illégitime. Il dit s'être senti comme "une honte" pour sa famille. L'anglais est sa langue maternelle, il y est très attaché, "ça chante, c'est beau, c'est des voyelles très longues", il y voit une "douceur".

Arrivée en août 1939 au Maroc, la famille ne peut plus en repartir du fait de la guerre et y restera dix années. Là-bas, "comme je n'allais pas à l'école, j'allais au cinéma", s'amuse-t-il encore à raconter.

Je refuse beaucoup de pièces qui sont mal écrites ou dont le propos n'est pas bon. Je suis très sensible à une invention... Mes plus grandes joies ont été Beckett et Duras, parce que ce sont des gens qui ont inventé leur époque. Ils ont uniques. Ionesco aussi à sa manière. C'était pour moi la partie la plus exaltante de faire quelque chose qui n'avait jamais été faite plutôt que d'assumer le répertoire.

Il distingue les activités de théâtre, de cinéma et de peinture, art auquel il aime aussi s'adonner.

Le théâtre c'est un investissement, c'est tout son corps, sa voix, son sang, ses tripes et son cœur. Tout est investi dans un personnage qu'il faut savoir faire le mieux possible, soit selon ce que dit le metteur en scène, soit selon ce qu'on apporte soi-même. Je suis plutôt un acteur d'instinct, je sais souvent mieux ce qu'il faut faire que le metteur en scène.

A la fin, Michael Lonsdale revient sur sa participation à la version radio d' "India Song" de Marguerite Duras enregistrée dans les studios de Radio France.

Je crois que pour moi c'était l'aboutissement de ce métier qui doit aller à des extrêmes, se défouler. Je crois que je voulais être comédien pour explorer les choses qu'on pense ne pas pouvoir vivre...

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Didier Lagarde
Réalisation
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Catherine Parent
Collaboration
Brigitte Bouvier
Réalisation