France Culture
France Culture
Publicité
En savoir plus

Laure Adler s'entretient avec Nira Pereg, artiste vidéaste israëlienne

Elle a fini par "ramener le monde à l'intérieur du studio" . "Peut-être que je ne veux pas prouver qu'il y a une différence entre le monde et l'art, le studio, le musée ..." Elle nous parle de son lien avec son pays : "J'essaye de casser l'image d'Israël (...) Il existe un fossé entre la représentation et ce que j'y vois. Ce fossé existe également à l'intérieur même d'Israël (...) Je prends ma voiture et je pars dans un endroit où je ne suis pas forcément censé être pour savoir ce que j'y ressens (...) Je suis moi-même toujours étonnée de voir qu'on me laisse filmer..." Elle nous parle de son travail "67 Bows" ** et des interprétations que cela a provoquées, de la notion de "chorégraphie" ** qu'elle inclut dans beaucoup de ses travaux... "Je ne veux pas rester dans l'obscurité, je veux mettre un projecteur, un néon, sur la réalité (...) Je ne commence pas par le visuel, je commence par des situations ..." Elle évoque son rapport au son , son film "Sabbath" ... "Cette différence que l'on fait entre le sacré et le profane , l'autorisé et interdit, ce moment fait naitre une pensée, une réflexion (...) Les choses changent dans un endroit parce qu'il y a la croyance..." "Je ne fais que poser des questions, je n'ai pas de réponse. C'est la raison pour laquelle je reviens, et reviens, et reviens encore pour filmer (...) la même question (...) Pourquoi pour se préserver faut-il se séparer des autres ?" Elle parle de son travail sur les frontières , notamment intérieures, se comparant à une anthropologue : "tout d'abord, je demande 'qui je suis ?' vis à vis d'une situation..." Elle espère que le spectateur se posera la même question, par rapport à la situation et par rapport à l'art ... "Moi je ne vois pas la Joconde, je vois les gens qui regardent la Joconde et pourquoi la Joconde est devenue tellement célèbre..." Elle évoque encore son rapport à la fiction , à la vérité , à l'empathie ... "Il faut être un petit peu amoureux ou aimer un peu ce que l'on filme ou les gens que l'on filme pour pouvoir filmer..." Elle nous parle encore de son travail "Abraham-Abraham / Sarah-Sarah" , autour du Tombeau des Patriarches et de son utilisation par les juifs et par les musulmans , sous la surveillance de l'armée... Elle s'est centrée sur la ressemblance , qui peut "peut-être amener un peu d'espoir..." Elle termine sur la situation politique de son pays : "Il était très difficile d'être Israëlien, cet été. Il était difficile d'être en Israël (...) J'étais incapable de filmer quoi que ce soit en été (...) Il faut continuer à présenter des alternatives..."

Publicité
Nira Pereg
Nira Pereg
© Radio France - Corinne Amar
Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration