Pierre Soulages le 11 octobre 2012 lors de l'exposition "Soulages XXIe siècle" à Lyon.
Pierre Soulages le 11 octobre 2012 lors de l'exposition "Soulages XXIe siècle" à Lyon. ©AFP - Philippe Desmazes
Pierre Soulages le 11 octobre 2012 lors de l'exposition "Soulages XXIe siècle" à Lyon. ©AFP - Philippe Desmazes
Pierre Soulages le 11 octobre 2012 lors de l'exposition "Soulages XXIe siècle" à Lyon. ©AFP - Philippe Desmazes
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Pierre Soulages, le peintre de l'outrenoir, remonte le fil de sa vie à Laure Adler. Il raconte son enfance, son besoin de peindre depuis tout petit et se souvient des hasards et des rencontres qui ont guidé son parcours artistique.

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Le peintre Pierre Soulages est l'invité de "Hors-champs". Il relate son enfance où déjà, il préférait "tremper [son] pinceau dans l'encrier" plutôt que d'utiliser les couleurs de sa palette, "ce qui était surprenant".

Je devais avoir quatre ou cinq ans, j'étais en train de tracer de grandes lignes noires sur du papier blanc et quelqu'un m'a demandé ce que j'étais en train de faire, et j'ai répondu : "De la neige." Tout le monde a ri bien sûr mais tout le monde s'en est souvenu et on me l'a rappelé. Le noir n'était pas là pour sa qualité de noir mais aussi pour ses pouvoirs de noir, c'est-à-dire que par contraste il rendait probablement le papier plus blanc, comme la neige. C'est une explication que je donne maintenant, je ne sais pas ce que je pensais à ce moment-là.

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En passant le concours de L’École des Beaux-Arts, il a été "horrifié" de voir ce que les étudiants apprenaient, "c'était mais absolument à l'opposé de ce que j'aimais" déclare-t-il. Admis, il décide de ne pas rentrer dans cette école et de retourner à Rodez.

Pierre Soulages se souvient d'un moment important dans sa création, il y a plus de trente ans : "Je me suis aperçu que je ne travaillais plus avec le noir mais avec la lumière réfléchie par des états de surface du noir... et ça a été une date dans ma vie".

Sur son processus de création, le peintre de 92 ans explique qu'il n'aime pas voir ce qu'il a déjà fait : "Quand on commence à faire tout ce qu'on sait faire, on finit par ne plus être un artiste, on devient un artisan." Alors qu'il lui semble qu'un artiste "est toujours attentif à ce qu'il ne sait pas, ce qu'il ne connaît pas".

Le peintre de l'abstraction s'interroge sur l'histoire de la peinture telle qu'elle est enseignée, histoire qu'il fait remonter dès la préhistoire, en tout cas bien avant la Renaissance. "En art il n'y a pas de progrès, c'est d'autre chose qu'il s'agit" affirme-t-il.

Ce qui est intéressant dans mes tableaux c'est de voir de la lumière qui vient de la plus grande absence de lumière, qui est par définition la couleur noire. Ce n'est pas une absence absolue, sinon on ne verrait rien, mais le noir c'est la couleur qui absorbe toute la lumière... En réalité pas toute, il y a des états de surface du noir qui la réfléchissent, mais ça je m'en suis aperçu très tard.