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Laure Adler s'entretient avec Pierrette Bloch , artiste plasticienne

Pierrette Bloch
Pierrette Bloch
© Radio France - Corinne Amar

Elle évoque ses souvenirs de la guerre pendant laquelle sa famille a dû fuir : « Je suis restée en France jusqu’au moment de la guerre, puis nous sommes partis en Suisse en 1939 ou 1940. Tout l’entourage de mes parents a disparu. J’étais d’origine suisse, et pourtant je me suis sentie exilée en Suisse. »

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Dès l’âge de 15 ans, elle habite dans un hôtel toute seule : *« J’ai été très tôt d’une indépendance complète et ça m’a beaucoup aidé. C’est étrange de penser qu’on a puisse être aidée par des choses aussi sombres. Mais j’ai tout de suite eu un besoin d’autonomie. » *

Elle a compris peu à peu qu’elle était artiste : « J’ai fait quelques études mais je m’ennuyais. Un ami m’a alors amené dans un atelier, chez un peintre, et je me suis sentie bien dans cet atelier je suis donc allée chez d’autres peintres. » Son mon maître Henri Goetz lui a donné comme unique consigne de faire ce qu’elle voulait : « On essaye de se faire confiance à soi-même, c’est très difficile. Même encore maintenant j’avance pas à pas. Encore qu’à mon âge, il faudrait peut-être que j’accentue la cadence ! »

Selon elle, l’art ne s’apprend pas : « Les écoles des beaux-arts ne servent à rien – bien sûr, je peux me tromper, mais il n’y a pas d’écoles pour ça. Il y a des dispositions que l’on peut avoir ou ne pas avoir. Pour moi, ça a été quelque chose de très lent. »

Elle définit l’atelier comme « un endroit où on vit et on est entouré de soi-même, là où on est bien. Mais je pense que tout le monde ne dirait pas cela, il y a des gens qui mènent un combat dans leur atelier. »

Ses amis peintres la surnomment « la reine de la nuit » car elle travaille beaucoup sur les différentes palettes, profondeurs et matières du noir : « ça a un effet bénéfique sur moi, peut-être comme une sorte de grotte dans laquelle j’aime être. » Mais qu’est-ce que le noir ? « Que répondre à cela ? C’est le lieu du repos peut-être, pour moi ça a été aussi le lieu de l’invention. Ça n’a rien de triste ou d’infréquentable, c’est là où je me sens bien. » Et d’ajouter avec humour : « Même s’il se trouve qu’en ce moment, je travaille sur le blanc... »

Références

L'équipe

Laure Adler
Production
Elodie Royer
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration