France Culture
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Aujourd'hui a été décerné le prix Nobel de littérature 2015 à l'écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, "pour son œuvre polyphonique, un monument à la souffrance et au courage de notre époque." A cette occasion, rediffusion spéciale de l'émission Hors-Champs du 25 mars 2014 en compagnie de la lauréate.

Svetlana Alexievitch
Svetlana Alexievitch
- Elke Wetzig

Dans les premières années de sa vie, Svetlana Alexievitch a vécu à la campagne : *« C’est une richesse. » * Elle y découvre la nature, les animaux, les bois, les rivières. Mais « il y avait aussi beaucoup de souffrance. » Cette période a été « un traumatisme et un profond savoir sur la vie. » S’est développé chez elle un respect pour la vie, une vie qui « n’est pas toujours simple. »

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Elle admirait beaucoup sa grand-mère, qui avait une très belle voix. *« Elle était aussi très drôle. Elle disait qu’elle avait enlevé mon grand-père pendant un mariage. » * Mais, selon elle, il n’y a pas une famille soviétique qui n’ait des secrets.

Son père étudiait dans un institut de journalisme avant de partir pour le front. Sans doute influencé par le métier paternel, elle a, dès petite, écrit des poèmes et des petits textes,* « j’ai toujours voulu écrire. »*

Quand elle finit ses propres études à la faculté de journalisme, elle commence à travailler pour un journal. « J’ai rencontré des femmes qui avaient été victimes de la guerre et ça m’a donné envie de faire un livre. Ensuite, il a entraîné tous les autres. Je me suis mise à dire ce qui se passait. »

Elle prend des notes sur les soldats. « Pour moi il était important de regarder la guerre dans les yeux. » * Après avoir vu de ses yeux un homme tué à la guerre, on se met à écrire différemment, explique l’écrivaine. « Il n’est plus question de jeu, d’invention, car la réalité est bien plus terrible. »*

« Il ne faut rien inventer, il faut être sincère en allant vers les gens. » Elle ne voulait pas aller voir les gens en tant qu’écrivain mais en tant qu’être humain, « un être humain qui ne comprend pas pourquoi il faut tuer des gens parfaitement innocents. Et eux non plus n’arrivaient pas à le comprendre. » Svetlana Alexievitch le reconnaît : « je n’ai pas de réponse aux questions sérieuses que nous pose la vie. Personne n’a ces réponses. »