Manifestation de livreurs à vélo à Bordeaux, le 15 mars 2017.
Manifestation de livreurs à vélo à Bordeaux, le 15 mars 2017.
Manifestation de livreurs à vélo à Bordeaux, le 15 mars 2017. ©AFP - GEORGES GOBET
Manifestation de livreurs à vélo à Bordeaux, le 15 mars 2017. ©AFP - GEORGES GOBET
Manifestation de livreurs à vélo à Bordeaux, le 15 mars 2017. ©AFP - GEORGES GOBET
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Résumé

Pour les livreurs à vélo, la plateforme décide de presque tout. Quelle course ils vont pouvoir faire, combien ils seront payés... Face à cette situation, le Collectif des livreurs autonomes de Paris cherche à développer les coopératives de livreurs.

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Une subordination aux plateformes

Ils sont devenus le symbole de l’uberisation… sur leurs vélos, harnachés de leurs gros sacs à dos estampillés Foodora, Deliveroo, ou UberEats, les livreurs à vélo sont de plus en plus nombreux à critiquer ces plateformes et leurs algorithmes qui décident de leurs conditions de travail. Le CLAP, le collectif des livreurs autonomes de Paris, réfléchis depuis plusieurs mois aux moyens de s'affranchir de ce qu'ils dénoncent comme du salariat déguisé, assortis d'une subordination qui ne dit pas son nom. Jérôme Pimot, fondateur du Collectif des livreurs autonomes de Paris, ancien livreur à vélo, décrit un quotidien ou les travailleurs sont assujettis à quantités de règles édictées par les plateformes, règles qui s'appliquent parfois brutalement sans possibilité de dialogue.

"Quand on a une commande, on devrait pouvoir la refuser si on sait qu'elle va nous emmener loin, mais non, on ne peut pas...ou alors si on le fait, on risque de se retrouver avec une lettre recommandée qui nous informe que notre contrat est rompu. (...) on ne maîtrise rien." Jérôme Pimot, fondateur du CLAP.

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A l'arrivée du tour de France hier, le collectif a déployer une banderole pour dénoncer "les contournements du droit du travail opérées par les plateformes."

Développer l'autonomie par des plateformes autogérées

Comment faire pour s'affranchir des plateformes qui proposent du travail à des milliers de cyclistes ? "Dans le collectif, il y a plusieurs positionnements. Mais ce que nous voulons c'est développer l'autonomie, et donc cela veut dire, à terme, posséder nos propres plateformes pour éviter la monopolisation du travail," explique Jérôme Pimot. L’idée est prometteuse, à condition d’avoir les compétences en informatique qui permettent de créer ces plateformes. C’est justement le cas d’Alexandre Segura, développeur web. Il travaille depuis un an sur Coopcycle, un projet de logiciel open source qui permettrait justement aux livreurs d'organiser eux-mêmes leurs courses à l'échelle d'une ville.

"C'est un modèle différents des grandes plateformes existantes, on ne va pas vous prendre par la main... ce sera aux livreurs d'aller démarcher les restaurants, et de s'organiser."

Le but n’est pas de mettre l’intégralité du logiciel et de ses algorithmes à la disposition de n’importe qui. Alexandre Segura ne veut autoriser son usage commercial qu’aux seules coopératives, et ce afin d’éviter qu’il ne serve à générer des profits pour des entreprises cotées en bourse, par exemple. Et l'idée séduit. Alexandre Segura a rencontré plusieurs collectifs de livreurs à vélos dans plusieurs villes de France pour présenter Coopcycle, et a reçu un accueil souvent favorable.

Références

L'équipe

Chloé Leblond
Production