Au cimetière des Gonards, les rosiers vivent entre les sépultures ©AFP - THOMAS SAMSON
Au cimetière des Gonards, les rosiers vivent entre les sépultures ©AFP - THOMAS SAMSON
Au cimetière des Gonards, les rosiers vivent entre les sépultures ©AFP - THOMAS SAMSON
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Résumé

Aujourd'hui, Itinéraire Bis clôt sa semaine sur le thème de l'environnement. Et pour ce faire, se pose l'ultime question... celle de la mort.

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Toute cette semaine, nous avons pu constater les dégâts causés par l’Homme sur l’environnement, et quelques solutions quotidiennes, à plus ou moins long terme ont été évoquées. Seulement voilà, ces solutions, nous pouvons les appliquer… de notre vivant ! Et alors, à l’heure du trépas, que se passe-t-il ? Cessons-nous pour autant de polluer, dès lors que la vie s’en est allée ? Et si nos défunts polluent, alors comment faire pour mourir "vert" ?

Richard Féret est le directeur général de la Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie. Ce qui pollue dans nos corps, dit-il, ce sont notamment les traitements médicamenteux, thérapeutiques, qu'ils absorbent ou subissent. Soit. Ensuite, le corps est habillé : c'est là un deuxième élément potentiellement polluant, le vêtement. Et puis il y a le cercueil : ici, plusieurs dispositions ont déjà été prises. Et enfin, il y a...le cimetière !

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En France, Richard Féret leur reproche leur noirceur. Il raconte qu'à Montréal, il n'y a pas que les morts qui habitent les cimetières.

"On y fait du ski de fond l'hiver, du jogging l'été, on y observe les oiseaux ! ".

En fait, à ses yeux, il faut redonner un sens aux cimetières, et pour lui, ce qui a du sens, c'est l'environnement. Alors Itinéraires Bis a mené l'enquête... et en France, il existe quelques cimetières dits "écologiques". Zéro-phyto, zéro produits chimiques, des trottoirs dont le goudron a été ôté pour laisser place à l'herbe. Entre les croix blanches, la prairie, grimpant aux murs, des rosiers... et là, tout en haut, des ruches.

Les ruches du cimetière des Gonards, Versailles
Les ruches du cimetière des Gonards, Versailles
© Radio France - Chloé Leblond

C'est sous l'impulsion de François de Mazières, maire de la ville de Versailles, que Cathy Biass-Morin, directrice des espaces verts, a donné vie à ce projet. Un projet qui fleurit depuis 2009, au cimetière des Gonards.

Au cimetières des Gonards, les sépultures qu'on ne visite plus fleurissent quand même
Au cimetières des Gonards, les sépultures qu'on ne visite plus fleurissent quand même
© Radio France - Chloé Leblond

Au départ, on peut entendre que c'est sale, ces herbes qui poussent entre les sépultures. Alors Cathy Biass-Morin écoute, raconte, rassure, elle explique que non, c'est la nature, et qu'elle n'est pas sale, que c'est joli, et écolo. Et puis, des espaces sont aménagés, on y vient pour courir, pour s'y promener. On y observe des oiseaux, des écureuils, des renards ! Et alors, comme le désirait Richard Féret, le cimetière devient lieu de vie... D'ailleurs, Omar Khayyam a dit il y a presque 1000 ans, dans un de ses poèmes : "la mort viendra nous effeuiller et d'autres roses refleuriront…"