Hervé Prudon
 Hervé Prudon - Sylvie Peju
Hervé Prudon - Sylvie Peju
Hervé Prudon - Sylvie Peju
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S’il emprunte à Verlaine sa parfaite limpidité lexicale, triste et chantante, c’est aussi qu’il aurait pu le suivre infiniment dans l’absinthe, à ceci près que Prudon, lui, sait être drôle. Drôle et mordant. Désespérant !

Avec

boire me fait prendre l’air 

prendre le large prendre le temps : poser mon congé 

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et si je finis la bouteille 

c’est par amour du vide 

et parce que j’aime le goût de boire 

Extrait des tout derniers poèmes, si troublants pour tous les amoureux de son écriture dans la noire. Nos mots restent comme empêchés face à ces pages-tangage, leur évidence poétique… Ce type, ce grand échalas glamour et destroy, même dans le plus sale état, il faisait chavirer sa langue et vous jetait de la beauté dans les yeux. Rien de vague ou de perdu pourtant, il se battait contre ça, escortant Richard Brautigan dans la désinvolture. Malade et sûr de durer, Hervé décrit, toujours précis, il saisit le temps, son enveloppante histoire. Et du crayon, il suit sa douleur.

Il me semble qu’on se doit d’avancer 

en poésie comme un enfant qui apprend 

de marcher 

Les textes d’Hervé Prudon présentés ici sont inédits, écrits avant sa mort fin octobre 2017. L a BNF retrace son parcours.

Tristan et Iseut adapté par Hervé Prudon sur France culture

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