Paul Eluard
Paul Eluard ©AFP - AFP
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Un hiver tout en branches et dur comme un cadavre / Un homme sur un banc dans une rue qui fuit la foule / Et que la solitude comble / Place à l'appareil banal du désespoir / A ses miroirs de plomb.

Partis des deux images opposées Vanités / Misère, nous dévions vers ces mots de Paul Eluard et leur cristallisation particulière, solitude et froid. Poésie d’hier, simple comme une histoire. Un conte réaliste  cisaillé presque coupant, âpre comme les propos haletant d’Yves Boudier que nous suivons cette semaine. Occasion de confronter  cette habitude de chantourner quand même sensible autrefois, cette pudeur esthétisme, à la rudesse franche du regard de Boudier, l’alarme à la vie vue.

El est pieça dévorée et pourrie, Et nous, les os, devenons cendre et poudre.  

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Leur corps est tapissé d’empreintes 

Interdits de nudité le visage mangé 

par la rougeur 

l’œil 

rivé 

sur 

ça 

qui creuse entre les chairs 

la peau 

l’entame 

qui grésille et inflige 

la griffe 

la morsure 

Bouffis gonflés 

pourris 

talés. Or 

bivouacs d’éternité provisoire 

sous la toile arrondie sale 

les yeux pleurent 

Il y a 

la pluie vitreuse 

Extraits de: 

- Mille et cent ans de poésie française, De la séquence de sainte Eulalie à Jean Genet de Bernard DELVAILLE Ed. Robert Laffont Collection Bouquins

- Vanités carré Misère d**’**Yves Boudier édition Actmem 2009 

- La rose Publique de Paul ELUARD Ed.Gallimard

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