Au Proche-Orient, le temps de panser les plaies n'est pas encore venu, pas plus que celui de la remise en question

De la fumée et une boule de feu s'élèvent au-dessus de bâtiments à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, pendant une frappe aérienne israélienne,
De la fumée et une boule de feu s'élèvent au-dessus de bâtiments à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, pendant une frappe aérienne israélienne, ©AFP - SAID KHATIB
De la fumée et une boule de feu s'élèvent au-dessus de bâtiments à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, pendant une frappe aérienne israélienne, ©AFP - SAID KHATIB
De la fumée et une boule de feu s'élèvent au-dessus de bâtiments à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, pendant une frappe aérienne israélienne, ©AFP - SAID KHATIB
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Les combats meurtriers se poursuivent de part et d'autre : frappes israéliennes sur la bande de Gaza, d'un côté, et tirs de roquettes palestiniennes vers l'Etat hébreu, de l'autre.

Avec
  • Nicolas Duvoux professeur de sociologie à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, chercheur au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA-LabTop), spécialiste des questions de pauvreté, d’inégalités sociales et des politiques publiques

83 tués côté palestinien et 6 autres côté israélien. Ou quand le dernier bilan des violences les plus intenses depuis 2014 dans l'Etat hébreu, date du dernier conflit armé, signe là un retour au réel aussi brutal que tragique. La nuit dernière, les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza vers Israël se sont encore intensifiés, en même temps que se poursuivait le pilonnage de l'enclave côtière. Or si tout le monde connaît les raisons de cette soudaine flambée de violence, les mêmes depuis des décennies, tout le monde connaît, aussi, hélas le scénario d’une possible nouvelle guerre à Gaza. En l'occurrence, si une désescalade était encore envisageable en début de semaine, l’entrée du Hamas a depuis considérablement changé l’équation, en militarisant une confrontation jusqu’alors cantonnée à la société civile palestinienne. Et c’est sans doute d’autant plus vrai qu’on assiste, aujourd'hui, à une maturation de la conscience politique palestinienne, et en particulier de sa jeunesse à travers les réseaux sociaux qui donnent la place à une parole libre.

Par ailleurs et si tous les yeux du monde sont à nouveau tournés aujourd'hui vers le Proche-Orient, comment ne pas voir derrière ce déluge de feu une sorte de retour de flamme ? Ou dit autrement : la rançon de l'indifférence. Voilà bien longtemps, en effet, que le conflit israélo-palestinien, considéré à bien des égards comme insoluble, n'était plus la priorité du monde. Mais pis encore, puisqu'en normalisant leurs relations avec le riche Etat hébreu, nombre de pays arabes avaient choisi de se désintéresser du sort des Palestiniens, tout en s'alliant contre un ennemi commun : l'Iran. Quant au nouveau président américain, Joe Biden, en arrivant à la Maison-Blanche, il avait le choix de déplacer le curseur de la politique étrangère américaine vers la Chine, conscient par ailleurs qu'une pression accrue de son administration sur le gouvernement israélien pourrait compliquer les tractations pour rétablir l'accord sur le nucléaire iranien. Sauf que détourner les yeux n'aura, à l'évidence, servi à rien. Et toute la question est désormais de savoir si l'influence de la communauté internationale a encore le pouvoir d'enrayer cet engrenage de la violence ? Une troisième réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU est attendue demain. En coulisses, le Qatar et l'Egypte s'activent pour faciliter une médiation. En Russie, le chef de la diplomatie a, lui, appelé à une réunion urgente du Quartet pour le Proche-Orient. Enfin, naviguant au milieu de ce jeu de pressions, le président américain n'a eu d'autres choix que de réagir en annonçant l'envoi d'un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens.

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